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    Une étude, dont les résultats intitulés "Structural basis of the activation of the CC chemokine receptor 5 by a chemokine agonist" sont publiés dans la revue Science Advances, a permis de décrypter le mécanisme d’activation du récepteur CCR5, un membre de la famille des récepteurs aux chémokines impliqué dans plusieurs maladies, notamment le VIH/SIDA, le cancer ou encore les complications respiratoires du COVID-19. Cela constitue "une étape importante dans la compréhension de la biologie des récepteurs aux chémokines" qui apporte "de précieuses indications pour améliorer l’efficacité et le ciblage de nombreux médicaments dont le mode d’action vise ce mécanisme".

     

    Relevons tout d'abord que les récepteurs aux chémokines, "situés sur la membrane de nombreuses cellules immunitaires", jouent un rôle important dans leur activation défensive. Cependant, alors que "les chémokines sont de petites protéines qui se lient à ces récepteurs et contrôlent le mouvement et le comportement des globules blancs", leur mécanisme d’activation reste encore méconnu.

     

    Pour sa part, le récepteur CCR5 "joue un rôle majeur dans l’inflammation et la défense immunitaire, et est depuis longtemps une cible importante des médicaments anti-VIH". Si "les recherches sur CCR5 ont débuté il y a près de 25 ans, dans le cadre de la lutte contre le SIDA", car il est "à la base du mécanisme d’invasion du VIH dans l’organisme", il apparaît aussi "très important dans de nombreux autres processus pathologiques, notamment dans les cancers et les maladies inflammatoires". De ce fait, pour "pouvoir mieux l’exploiter dans un but thérapeutique", il était essentiel de "comprendre, à un niveau atomique, comment il est activé en entrant en liaison avec des chémokines".

     

    Comme, "jusqu’ici, l’étude de ce phénomène était freinée par la difficulté d’observer les structures en 3D des récepteurs lorsqu’ils sont liés aux molécules activatrices", l'étude ici présentée"a eu recours à des outils de cryo-microscopie électroniques qui permettent de préserver et d’observer la structure des plus petits éléments du vivant" et a utilisé "des chémokines modifiés pour se fixer aux récepteurs de manière plus stable que les chémokines naturelles", certains de ces variants sur-activant le récepteur alors que d’autres les bloquent complètement.

     

    Concrètement, "le récepteur, intégré à la membrane cellulaire, fonctionne par un mécanisme de clé et de serrure": ainsi, "une partie spécifique de la structure des chémokines doit s’insérer dans la serrure du CCR5 pour activer un changement de la structure du récepteur qui déclenche alors l’activation et la migration des globules blancs": la capacité d’activation des chémokines étant "déterminée par certains acides aminés (les briques de construction des protéines)", si la chémokine adopte une forme droite, elle parvient à activer le récepteur, tandis que "en cas de modification de ces acides aminés", la molécule prend une forme légèrement différente "qui, même si elle permet de conserver une liaison très forte avec le récepteur, empêche son activation".

     

    Au bout du compte, "malgré une architecture quasiment identique, d’infimes différences structurelles des chémokines déterminent leur capacité à activer ou à inhiber le récepteur". En conséquence, cette étude devrait permettre " d'améliorer les médicaments en développant de nouveaux composés capables d'influencer le système immunitaire de manière très spécifique ".

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés "A dusty veil shading Betelgeuse during its Great Dimming  " ont été publiés dans la revue Nature, et sont disponibles en pdf, a permis de confirmer la raison pour laquelle Bételgeuse, une étoile orange brillante de la constellation d'Orion, est devenue beaucoup moins lumineuse fin 2019 et début 2020, car de nouvelles images de la surface de l'étoile, prises à l'aide du VLT de l'ESO, montrent clairement que l'étoile était partiellement cachée par un nuage de poussière, une découverte qui résout le mystère de 'l’important déclin' de Bételgeuse.

     

    Jusqu'ici, parmi les hypothèses avancées, en plus de celle qui considérait qu'il s'agissait de la conséquence d'une éruption de poussière, figurait celle qui disait que "la baisse de luminosité de Bételgeuse pourrait annoncer sa mort imminente dans une spectaculaire explosion en supernova".

     

    En fait, le voile de poussière qui cachait l'étoile "était le résultat d'une baisse de température de la surface de Bételgeuse". Concrètement, "la surface de Bételgeuse change régulièrement lorsque des bulles de gaz géantes se déplacent, rétrécissent et gonflent au sein de l'étoile". Ainsi, selon l'étude, "quelques temps avant cette grande diminution de luminosité, l'étoile a éjecté une grosse bulle de gaz qui s'est éloignée d'elle" et "lorsqu'une partie de la surface s'est refroidie peu après, la baisse de température a été suffisante pour que le gaz se condense en poussière solide".

     

    Au bout du compte, cette "étude apporte la preuve que la formation de poussière peut se produire très rapidement et à proximité de la surface d'une étoile". Relevons pour finir que "la poussière expulsée des étoiles froides en fin de vie" pourrait "constituer les briques élémentaires des planètes telluriques et de la vie  ".

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés "New scale analyses reveal centenarian African coelacanths"  ont été publiés dans la revue Current Biology, a établi que les cœlacanthes vivaient cinq fois plus longtemps que ce que l'on croyait.

     

    Concrètement, auparavant, la détermination de leur âge s'était faite "en regardant les anneaux de croissance qui ne donnaient pas plus de 20 ans", ce qui "faisait du cœlacanthe l'un des poissons ayant le développement le plus rapide vu sa grande taille, malgré "les lenteurs de son métabolisme et de sa reproduction, caractéristiques des poissons à longue histoire de vie, comme ceux des profondeurs océaniques", ce qui était très étonnant.

     

    Dans ce contexte, l'étude ici présentée a "profité du fait que le Muséum national d'Histoire naturelle de Paris (MNHN) ait une des plus grandes collections de cœlacanthes au monde" pour examiner en tout 27 spécimens en appliquant "de nouvelles méthodes comme la microscopie en lumière polarisée et une technologie d'interprétation des écailles permettant d'estimer la croissance corporelle des individus précisément".

     

    Cela a permis de "déceler des cercles beaucoup plus petits et presque imperceptibles sur les écailles, qui seraient les vraies lignes de croissance, et non pas les précédentes, beaucoup plus grosses". En outre, deux embryons ont été analysés et la durée de la gestation "basée sur la taille de la progéniture à la naissance" a été calculée indiquant "qu'ils restent durant cinq ans dans le ventre de leur mère".

     

    Au bout du compte, cette découverte a "d'importantes implications pour la conservation des cœlacanthes qui sont en danger critique d'extinction sur la liste rouge de l’UICN", du fait que les espèces à développement lent "ont besoin de davantage de temps pour se reproduire et être remplacées".

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «  TOI-1231 b: A Temperate, Neptune-Sized Planet Transiting the Nearby M3 Dwarf NLTT 24399» ont été acceptés pour publication dans la revue The Astronomical Journal et sont disponibles en pdf, rapporte la découverte par TESS d'une exoplanète, dénommée TOI-1231 b (*), qui rejoint les rangs de "seulement deux ou trois autres exoplanètes voisines de notre Terre qui seront scrutées à chaque occasion" en utilisant "une large gamme de télescopes, pour les années à venir".

     

    Après sa découverte, a été découverte suivie par le Planet Finder Spectrograph (TFS, Chili). Il est ainsi apparu que "c'est une exoplanète un peu plus petite que notre Neptune", située "huit fois plus près de son étoile que ne l'est la Terre du Soleil", mais sur laquelle il "règne une température semblable à celle de notre Planète", car son étoile-hôte est "une naine rouge (plus petite et moins lumineuse que notre étoile) située à environ 90 années-lumière de la Terre".

     

    La période orbitale de TOI-1231 b est intéressante, car elle est de 24 jours, alors que la majorité des planètes découvertes par TESS affichent "une période orbitale inférieure à 14 jours", en raison de l'intervalle d'observation.

     

    De plus, "TOI-1231 b serait similaire à Neptune" en taille et en densité et donc, elle "serait entourée d'une atmosphère gazeuse particulièrement conséquente" qui serait "l'une de celles où il règne les températures les plus fraîches jamais découvertes pour une planète géante". Ces caractéristiques en font une cible de choix pour des observations futures.

     

     

    Lien externe complémentaire (source Exoplanetcatalogue)

    (*) TOI-1231 b

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «Thyroid hormones regulate the formation and environmental plasticity of white bars in clownfishes» ont été publiés dans la revue PNAS, a permis d'observer, dans la baie de Kimbe en Papouasie Nouvelle-Guinée, que les bandes blanches du poisson-clown se formaient plus ou moins vite selon l’espèce d’anémone dans laquelle vivent ces poissons et il est, plus particulièrement, apparu que cette modulation est liée à une différence des taux d’hormones thyroïdiennes.

     

    Relevons tout d'abord que la plasticité phénotypique «est la capacité d’un organisme à exprimer différents phénotypes en fonction de son environnement » et que «la façon dont cette plasticité est orchestrée reste une énigme». Pour leur part, "les juvéniles de poisson-clown peuvent retarder la formation de leurs bandes blanches selon les anémones dans lesquelles ils vivent : anémones dites tapis (Stichodactyla gigantea) ou anémones magnifiques (Heteractis magnifica)".

     

    En réalité, le poisson-clown "vit en symbiose avec les anémones de mer, mais ces poissons colorés ne le sont pas au début de leur vie : les petites larves sont jaunes voire transparentes" et, en fait, ce "n’est qu’au moment de leur métamorphose qu’elles commencent à changer de couleur et que leurs bandes blanches apparaissent, d’abord sur la tête et le corps, puis au niveau de la queue".

     

    Dans ce contexte, l'étude ici présentée s'est focalisée «sur le rôle des hormones thyroïdiennes, connues comme jouant un rôle clé dans la métamorphose, processus très important pour le poisson-clown, puisque c’est au cours de cette transition développementale qu’il change son apparence et qu’il change d’environnement en s’installant dans son anémone de mer».

     

    En vue de "comprendre le rôle de ces fameuses hormones thyroïdiennes", de jeunes larves de poissons-clowns ont été exposées à différentes doses de ces hormones. Il est ainsi apparu "que plus la dose était forte, plus vite les bandes blanches se formaient", tandis qu'en "traitant de la même manière ces jeunes larves, mais cette fois avec une molécule bloquant la synthèse des hormones thyroïdiennes, l’apparition des bandes était retardée".

     

    Ensuite, en retournant dans la baie de Kimbe, il a été constaté que le dosage "des hormones thyroïdiennes chez des juvéniles du même âge et taille, prélevés dans des anémones de mer S. gigantea ou H. magnifica" indiquait "que les taux d’hormones thyroïdiennes étaient bien plus importants chez les juvéniles prélevés chez S. gigantea que chez ceux prélevés chez H. magnifica, permettant ainsi une formation plus rapide des bandes blanches chez ces individus".

     

    En analysant "de plus près les deux populations de poissons", "un gène appelé duox, responsable de cette augmentation du taux d’hormones thyroïdiennes", a été identifié, gène qui "est également important chez l’homme pour la formation de ses hormones".

     

    Au bout du compte, cette étude suggère que "ces mêmes types de mécanismes se mettent en route lorsque les organismes doivent s’adapter à d’autres changements environnementaux comme le réchauffement climatique, la pollution chimique ou l’acidification des océans", une plasticité "à la base des capacités évolutives et d’adaptation des organismes vivants".

     

     


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