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    Une étude, dont les résultats intitulés «Reconciling Conflicting Phylogenies in the Origin of Sweet Potato and Dispersal to Polynesia» ont été publiés dans la revue Current Biology, prouve que la patate douce descend d'une plante d'Amérique centrale et des Caraïbes appelée Ipomoea trifida et montre que la présence de ce légume en Polynésie s'explique par une dispersion naturelle «sans intervention humaine».

     

    Notons tout d'abord que la patate douce, qui est tubercule tropical consommé en bien des endroits du monde, est originaire d'Amérique: en fait, elle a colonisé la Polynésie bien avant les grandes explorations européennes, ce qui a poussé les historiens à supposer que les austronésiens auraient rapporté eux-mêmes la plante sur leurs îles durant l'époque précolombienne». Malgré tout son ascendance et son évolution restent relativement énigmatiques puisque «certains chercheurs lui trouvent de multiples ancêtres, d'autres un seul».

     

    Dans ce contexte, l'étude ici présentée a été entreprise pour apporter des éclaircissements, grâce à une analyse phylogénétique extensive sur la patate douce et toutes les espèces apparentées: plus précisément, «199 spécimens de patates douces, de son nom latin Ipomoea batatas, et de plantes sauvages apparentées appartenant au genre Ipomoea» ont été analysés par «un séquençage de l'ADN du noyau et de celui des chloroplastes (des organites présents dans les cellules des plantes)».

     

    Au bout du compte, il est apparu que la patate douce a une origine unique, car «elle descend d'une plante d'Amérique centrale et des Caraïbes appelée Ipomoea trifida». En outre, il a été déterminé «que la patate douce est née bien avant les êtres humains, il y a au moins 800.000 ans» de sorte que cette découverte réfute la théorie dominante et remet en question «l'existence de contacts précolombiens à travers le Pacifique», puisque «la présence de ce légume en Polynésie» peut être complètement expliquée «par une dispersion naturelle, par le vent, la mer ou les oiseaux».

     

    En réalité, cette méthodologie, «plus complète que celles qui se restreignent à l'ADN nucléaire», a fourni «des arbres phylogénétiques en apparence discordants», car alors «que l'ADN du noyau pointe vers une origine unique, en établissant que I. trifida est son plus proche parent», de son côté «l'ADN chloroplastique indique deux origines génétiques».

     

    L'étude réconcilie ces données en postulant que «I. trifida a joué un double rôle dans l'évolution de la patate douce», la conclusion étant «que la patate douce a évolué à partir de son géniteur il y a au moins 800.000 ans» et que, dans un second temps, après que les deux espèces sont devenues distinctes, «elles se sont hybridées» dans «les 56.000 ans qui ont suivi la divergence entre les deux espèces».

     

    Au cours de ce croisement, «le génome chloroplastique de I. trifida s'est introduit dans les chloroplastes de la patate douce, sans transfert d'ADN nucléique», un phénomène, «courant dans l'évolution des espèces», qui «a engendré deux lignées de patates douces qui diffèrent seulement par leur ADN chloroplastique».

     

    Par ailleurs, cette étude s'est aussi penchée sur «des patates douces collectées dans les îles de l'actuelle Polynésie française en 1769, par Joseph Banks et Daniel Solander, durant l'expédition du capitaine Cook». Il a été constaté «que cette variété de patate douce possède une signature génétique unique» qui montre qu'elle «aurait divergé des spécimens américains il y a au moins 100.000 ans et serait isolée du continent depuis plusieurs millénaires».

     

    L'étude souligne que «la patate douce s'est retrouvée naturellement en Polynésie, sans intervention humaine», un type de voyage qui s'observe «chez d'autres espèces apparentées»: bien que la flottabilité des graines de patates douces n'a pas fait l'objet de cette étude, «des travaux antérieurs ont montré que celles de plusieurs espèces du genre Ipomoea pouvaient résister sur de longues distances en mer».

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «Earliest Animal Cranial Surgery: from Cow to Man in the Neolithic» ont été publiés dans la revue Scientific Reports, révèle, à partir de l'examen d'un crâne de bovin percé d'un trou découvert dans les années 1970 sur le site néolithique de Champ Durand situé en Vendée, que la trépanation sur un animal était pratiquée il y a plus de 5000 ans.

     

    Soulignons tout d'abord que bien qu'il y a «beaucoup de crânes humains datant du néolithique qui montrent des signes de trépanation» en Europe (en fait, l'homme a pratiqué «la chirurgie crânienne sur d'autres hommes dès la période mésolithique» qui a démarré aux environs de 10000 ans avant Jésus-Christ), on n'avait «encore jamais retrouvé de crâne animal trépané» de sorte qu'il pourrait s'agir ici du «premier cas connu de chirurgie vétérinaire».

     

    Indiquons aussi que le site de Champ Durand est un camp fortifié, entouré de fossés, qui a été occupé par l'homme «entre 3400 et 3000 avant Jésus-Christ». Il «semble avoir été un centre d'échanges important pour les populations qui commercialisaient le bétail».

     

    Pour sa part, l'étude ici présentée a montré, dans un premier temps, «que la vache en question n'avait pas eu le crâne percé par un coup de corne asséné par un autre bovin, ou par une pierre reçue sur la tête» puisque «si le trou situé sur un lobe frontal avait été provoqué par un coup de corne ou un autre élément, on devrait voir que l'os était enfoncé vers l'intérieur», ce qui «n'est pas du tout le cas».

     

    Dans un second temps, il a été établi que des marques de grattage autour du trou «sont similaires à celles que l'on observe sur des crânes humains trépanés» au néolithique, car les images réalisées prouvent que le crâne de la vache et les crânes humains «ont subi la même technique».

     

    Cependant, «on ne sait pas trop» si le bovin était vivant au moment de la trépanation. En tout cas, comme «l'os ne s'est pas reformé», on peut dire que «soit la vache était déjà morte, soit elle n'a pas survécu à l'opération». En outre, il a été «vérifié que le trou ne résultait pas de maladies osseuses».

     

    Pour expliquer la trépanation de ce bovin, l'étude avance deux hypothèses. La première dit que c'est pour soigner la vache que cette chirurgie crânienne a été entreprise: dans ce cas Champ Durand fournirait «la preuve la plus ancienne d'une pratique chirurgicale vétérinaire».

     

    Pour la seconde, les auteurs de la trépanation cherchaient «à s'exercer sur l'animal avant d'opérer des hommes» et, alors, ce trou «serait la plus vieille preuve d'une expérimentation sur un animal» dès 4000 avant notre ère. Cette dernière hypothèse est à privilégier, car il est difficile de trouver de l'intérêt à «sauver un bovin, qui faisait partie d'un gros troupeau», à moins qu'il soit considéré comme «un reproducteur très important».

     

    Notons pour finir que l'hypothèse d'une trépanation pour des motifs rituels a été écartée par l'étude car le crâne «a été jeté dans un fossé comme un déchet».

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «Supraorbital morphology and social dynamics in human evolution» ont été publiés dans la revue Nature Ecology & Evolution, a permis d'avancer une nouvelle hypothèse pour expliquer le rôle acquis par nos sourcils au fil de l’évolution. Elle considère que le mouvement de nos arcades sourcilières est impliqué dans la communication et l’interprétation des émotions, et tient, de ce fait, une place prépondérante dans l’établissement des relations sociales.

     

    Notons tout d'abord que «nos ancêtres de la préhistoire possédaient un bourrelet sus-orbitaire particulièrement proéminent». Cette caractéristique morphologique particulière est interprétée comme le «signe à l’époque d’une dominance et d’une agressivité particulièrement exacerbées»: en effet, l'observation des babouins mandrills où «les mâles dominants ont des protubérances vivement colorées sur chacun des côtés de leurs museaux pour montrer le statut» donne une indication sur la fonction d’une arcade sourcilière proéminente.

     

    Par la suite, au fil de l’évolution, «cette avancée frontale s’est progressivement adoucie, et a fini par laisser place à nos sourcils actuels, capables pour leur part d’une variété de mouvements bien plus étendue». Pour appuyer l'hypothèse que «la mobilité de cette partie de notre visage joue un rôle prédominant dans l’établissement des relations sociales», le crâne d’un fossile bien connu des archéologues, baptisé Kabwe (*), a été analysé «grâce à un logiciel de modélisation 3D».

     

    Selon cette étude, ces analyses permettent de «comprendre la fonction du trait anatomique ancestral porté par cet ossement»: en rasant «l’énorme arcade sourcilière de Kabwe», grâce au logiciel de modélisation, il a été constaté que «le front épais n’offrait pas d’avantage spatial, puisqu’il pouvait être considérablement réduit sans causer de problème». Ensuite, une simulation des forces de mastication sur différentes dents a montré que «de très petites contraintes étaient répercutées sur l’arcade sourcilière» de sorte qu'en retirant la crête, il n'y a eu «aucun effet sur le reste du visage en mordant».

     

    D'autres hypothèses, telles que «celles qui affirment que les arcades sourcilières servent à empêcher la sueur ou les cils de venir dans les yeux» ont également été écartées, pour ne conserver que celle de la communication sociale, car les mouvements des sourcils «permettent d’exprimer des émotions complexes ainsi que de percevoir les émotions des autres», une communication non verbale particulièrement subtile.

     

     

    Lien externe complémentaire (source Wikipedia)

    (*) Homo rhodesiensis (Homme de Kabwe)

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «A large planetary body inferred from diamond inclusions in a ureilite meteorite» ont été publiés dans la revue Nature Communications, a permis de déterminer que les fragments provenant d'un astéroïde appelé 2008 TC3 ou Almahata Sitta (*), partiellement désintégré en 2008 au-dessus du Soudan, était en fait issu d'un embryon de planète disparue de notre système solaire.

     

    Rappelons que tout d'abord que l'astéroïde 2008 TC3, de «la taille d'une voiture», avait «été repéré par des astronomes quelques heures avant sa collision avec la Terre en octobre 2008, ce qui a permis d'observer sa chute».

     

    Aujourd'hui, l'étude ici présentée rapporte les résultats de l'analyse au moyen d'une «technique de microscopie électronique puissante» de «la composition de diamants contenus dans les fragments rocheux qui s'étaient dispersés au dessus du désert de Nubie (nord du Soudan) après l'explosion de l'astéroïde».

     

    Il est apparu «que ces pierres précieuses devaient s'être formées à des pressions élevées (supérieures à 20 Gigapascals), ce qui implique que l'astéroïde est issu d'une protoplanète ayant eu une taille «allant de celle de Mars à celle de Mercure» [«Mars (avec un rayon de 3390 km) et Mercure (rayon de 2240 km) sont les deux plus petites planètes de notre système solaire, qui s'est formé il y a quelque 4,6 milliards d'années»].

     

    De la sorte, ces analyses «apportent une preuve convaincante» que l'astéroïde provient d'une «planète 'disparue'», qui «s'était formée pendant les 10 premiers millions d'années de notre système solaire avant d'être disloquée lors de collisions avec d'autres objets célestes rocheux». Elles renforcent ainsi «la théorie selon laquelle les planètes actuelles du système solaire se sont formées à partir des restes de dizaines de grandes protoplanètes».

     

     

    Lien externe complémentaire (source Wikipedia)

    (*) 2008 TC3

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «Biomimetic Tooth Repair: Amelogenin-Derived Peptide Enables in Vitro Remineralization of Human Enamel» ont été publiés dans la revue ACS Biomaterials Science and Engineering, a permis de développer un traitement innovant des caries en reproduisant le processus naturel de formation des dents.

     

    Rappelons tout d'abord que, selon l'OMS (Organisation mondiale de la santé), «de 60 à 90 % des enfants scolarisés dans le monde et près de 100 % des adultes ont ou ont eu des caries» du fait d'une mauvaise hygiène dentairealimentation trop riche en sucres, boissons acides, etc.»).

     

    Concrètement, «la première phase de ces lésions résulte bien souvent d'une déminéralisation de l'émail, due à la dissolution des structures cristallines de la dent» car «les bactéries présentes dans la bouche métabolisent les débris alimentaires et produisent des secrétions acides, dégradant l'émail» de sorte que «si les populations bactériennes deviennent trop nombreuses, la déminéralisation commence».

     

    Dans ce contexte, l'étude ici présentée est parvenue «à développer un traitement innovant en reproduisant le processus naturel de formation des dents». Alors que «les améloblastes, des cellules spécialisées dans la fabrication de l'émail» en sécrétant des protéines, dont l'amélogénine, arrêtent «une fois la croissance de la dent achevée» leur travail de formation de l'émail et meurent, l'expérience a consisté à déposer «sur la dent des peptides, en fait des fragments d'amélogénine, pour fabriquer une nouvelle couche d'émail».

     

    Plus précisément, «plusieurs groupes ont été ont été testés par l'étude, recevant du fluor plus ou moins dosé, du phosphate de calcium ou une association de fluor et de peptides», mais il apparu que «le seul produit à avoir conduit à la formation d'une couche suffisamment épaisse (au moins 10 μm) et dense susceptible de remplacer le vrai émail est celui à base des peptides seuls».

     

    Néanmoins, comme «la technique n'a pour l'instant été testée qu'en laboratoire», il reste «à valider sa pertinence sur des patients» en la limitant aux lésions superficielles, «car lorsque la dentine située sous l'émail des dents est atteinte, il est trop tard». Au bout du compte, on peut parfaitement imaginer d'intégrer dans le futur «ce produit dans une pâte dentifrice à titre préventif».

     

     


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