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    Une étude, dont les résultats intitulés "Discovery of distinct lithosphere-asthenosphere boundary and the Gutenberg discontinuity in the Atlantic Ocean" ont été publiés dans la revue Science Advances, est parvenue, à l’aide de techniques de sismique réflexion profonde à haute résolution, à imager la frontière entre lithosphère et asthénosphère sur un profil de 1 400 km de long dans l’océan Atlantique et permis de déterminer les structures et dynamiques de cette zone frontière", alors que la localisation exacte de cette frontière restait encore énigmatique.

     

    Relevons tout d'abord que "la Terre est la seule planète du système solaire dont la surface est divisée en différentes plaques, communément appelées lithosphère". La théorie de la tectonique des plaques décrit "une lithosphère solide et rigide qui se déplace sur une asthénosphère déformable" ("les volcans et séismes étant les manifestations les plus visibles marquant les frontières entre ces plaques").

     

    Par ailleurs, "au niveau des dorsales, où se forme la croûte océanique par remontée et fusion du manteau, la lithosphère est de faible épaisseur mais à mesure que la plaque s’éloigne de la dorsale, la lithosphère refroidit et s’épaissit, marquant la séparation avec l’asthénosphère".

     

    Cependant, l'observation de cette frontière, située à plusieurs dizaines de kilomètres de profondeur, restait un sujet de débat, car "les techniques sismologiques d’imagerie traditionnelles proposaient une résolution trop faible pour imager précisément la base de la lithosphère, pouvant même conduire à des résultats contradictoires selon les méthodes utilisées ou par rapport à certaines modélisations".

     

    En particulier, "certaines études suggèrent par exemple que la frontière lithosphère-asthénosphère correspond à la discontinuité de Gutenberg, définie par Beno Gutenberg au début du 20e siècle, située à une profondeur de 70 à 80 km".

     

    Dans ce contexte, en 2015, une campagne de l' IPGP a été menée dans l’océan Atlantique équatorial. Une technologie de pointe, utilisée dans l’industrie, a permis d'acquérir "1 400 km de profil de sismique réflexion couvrant une zone de la lithosphère océanique âgée de 2 à 75 millions d’années". Concrètement, tandis que le navire se déplaçait à une vitesse d’environ 7 km/h, "les données sismiques étaient enregistrées tous les 75 m, permettant d’imager les structures de la Terre profonde avec une résolution jamais égalée, à intervalles de 6,25 m en continu tout le long des 1 400 km de profil".

     

    Deux réflexions distinctes ont été identifiées dans le manteau terrestre : "une frontière lithosphère-asthénosphère qui s’approfondit avec l’âge de la lithosphère et une discontinuité de Gutenberg qui reste constante à une profondeur de 75 km".

     

    Au bout du compte, ces observations "suggèrent, d’une part, que la frontière lithosphère-asthénosphère ressemble bien à une frontière entre état solide et fusion qui correspond à une température de ~1250 °C, où la lithosphère solide repose sur des lentilles de magma riche en eau" et que, d’autre part, "la discontinuité de Gutenberg est une frontière qui se forme à la dorsale divisant le manteau riche en eau et le manteau pauvre en eau, et reste stable au cours du temps".

     

    En outre, "les données collectées lors de cette campagne océanographique indiquent également que le passage ou la présence d’un point chaud, qui remonte du manteau, peut avoir un effet de rajeunissement de la lithosphère, soulever la frontière lithosphère-asthénosphère et détruire la discontinuité de Gutenberg".

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés "Use of Dental Defects Associated with Low-Dose di(2-Ethylhexyl)Phthalate as an Early Marker of Exposure to Environmental Toxicants" ont été publiés dans la revue Environmental Health Perspectives, a permis de montrer que les dents de souris exposées quotidiennement à de faibles doses de DEHP présentent des défauts dont l’intensité et la prévalence dépend de la dose d’exposition et du sexe de l’animal, les mâles étant plus susceptibles de développer des altérations dentaires que les femelles.

     

    Ces travaux font suite à d'autres travaux qui avait déja mis en lumière les effets délétères du bisphénol A, un autre perturbateur endocrinien, sur le développement des dents.

     

    Relevons ici que l'utilisation du DEHP, un perturbateur endocrinien de la famille des phtalates, est fortement réglementée mais qu'il "est encore retrouvé dans les contenants alimentaires et certains dispositifs médicaux tels que les équipements des unités de soins intensifs en néonatologie".

     

    En fin de compte, "cette découverte confirme l’intérêt d’envisager les défauts de l’émail dentaire comme marqueur précoce d’exposition à des toxiques environnementaux".

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés "Samples returned from the asteroid Ryugu are similar to Ivuna-type carbonaceous meteorites" ont été publiés dans la revue Science, a permis de montrer, à partir des fragments de l’astéroïde Ryugu, que cet astéroïde est principalement composé de matériel semblable aux chondrites carbonées de type Ivuna "qui font partie des météorites les plus primitives et les plus rares des collections mondiales et dont la composition est similaire au Soleil".

     

    Relevons tout d'abord que "95 mg de poudre et de particules de roches de l’astéroïde Ryugu ramenés par la sonde Japonaise Hayabusa2 ont été analysés (66 éléments, isotopies de l’oxygène, du chrome et du titane)". Ces analyses, relayées par l' INSU, ont aussi fait apparaître que les échantillons "sont composés de minéraux secondaires formés par altération aqueuse, témoignant de circulation d’eau à la surface de Ryugu".

     

    Concrètement, "le liquide aqueux issu du corps parent de la météorite a altéré les minéraux primaires à basse température et basse pression (37 ± 10 ℃, 0,06 atm) au cours d’une période datée à environ 5 millions d'années après la naissance du système solaire", ce qui signifie que "l'échantillon de Ryugu n'aurait pas été chauffé au-delà de 100℃".

     

    Comme "ces résultats permettent de conclure que parmi l’ensemble des échantillons dont l’humanité dispose, l’astéroïde Ryugu présente les compositions les plus primitives du système solaire", le matériel issu de la météorite Ryugu sera, à l'avenir, analysé "au niveau international en tant que nouveau matériau de référence du système solaire".

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés "Three-dimensional imaging of convective cells in the photosphere of Betelgeuse" ont été publiés dans la revue Astronomy & Astrophysics, a permis de dévoiler l’origine du vent stellaire de Bételgeuse, grâce à six ans de mesures polarimétriques avec les instruments Narval et Néo-Narval construits par l’OMP et installés sur le Télescope Bernard Lyot du Pic du Midi.

     

    Relevons tout d'abord que Bételgeuse est la supergéante rouge la plus proche de la Terre. Pour dévoiler l'origine du vent stellaire de Bételgeuse, l'étude ici présentée, relayée par l' INSU, a fait appel à "une nouvelle technique d’imagerie indirecte, qui repose sur l’usage de la polarisation de la lumière émise". Alors que, dans un premier temps, seules des images bidimensionnelles étaient obtenues, "la technique a été améliorée et produit aujourd’hui des images tridimensionnelles".

     

    Au bout du compte, on voit sur les images "le plasma chauffé à l’intérieur de l’étoile remonter vers la surface où il se refroidit". Etant "plus lourd parce que plus froid, il devrait retomber ensuite vers l’intérieur de l’étoile où il serait réchauffé à nouveau dans un cycle convectif". Cependant, ce que les images 3D de Bételgeuse montrent est légèrement différent: en effet, "le plasma ne retombe pas toujours mais continue de monter à vitesse presque constante".

     

    Il en résulte qu'une "force encore non identifiée pousse ce plasma et lui permet de s’échapper de l’étoile". Cette force, à l'origine du puissant vent stellaire de Bételgeuse, "est la raison d’être de ces poussières d’étoile qui, un jour, formeront des planètes et, peut-être, de la vie autour d’une autre étoile". 

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés "The connecting cilium inner scaffold provides a structural foundation that protects against retinal degeneration" ont été publiés dans la revue PLOS Biology, a permis de révéler un mécanisme moléculaire causant la dégénérescence des photorécepteurs de l’œil, pouvant conduire à la cécité. Cette découverte ouvre des pistes pour le développement d’approches thérapeutiques contre les rétinites pigmentaires.

     

    Relevons tout d'abord que "la rétinite pigmentaire est la maladie rétinienne héréditaire la plus répandue chez l’être humain, avec une incidence d’une personne atteinte pour 4000 dans le monde". L’apparition des premiers symptômes de cette maladie caractérisée par une dégénérescence des cellules sensibles à la lumière, les photorécepteurs, "survient en général entre l’âge de 10 et 20 ans avec une perte de la vision nocturne". Ensuite "le champ visuel se rétrécit en une «vision tunnel» pour aboutir finalement à une cécité vers l’âge de 40 ans".

     

    Dans la rétine, les photorécepteurs sont responsables de la conversion de la lumière en signal nerveux. Concrètement, "le segment externe de la cellule est formé d’empilements de disques sur lesquels sont localisés les pigments sensibles à la lumière", alors que "le segment interne contient toute la machinerie métabolique essentielle au fonctionnement de la cellule et est relié au segment externe par le cil connecteur".  Or "des mutations dans les gènes de quatre protéines localisées au niveau de ce cil connecteur sont toutes associées à des pathologies rétiniennes présentant des dégénérescences de photorécepteurs".

     

    Les quatre protéines en question ont été identifiées lors de travaux antérieurs qui les ont "localisées au niveau des centrioles, des structures cylindriques formées de microtubules et présentes dans toutes les cellules animales". En fait, comme ces protéines assurent dans le centriole «  la cohésion des différents microtubules en agissant comme une fermeture éclair », le problème était de savoir «  si elles ne jouaient pas le même rôle dans les structures tubulaires des cils connecteurs ».

     

    Dans ce contexte, "des techniques de microscopie à expansion, qui permettent de gonfler les cellules sans les déformer" ont permis d'observer "les tissus rétiniens avec une résolution jusqu’alors jamais atteinte". En se focalisant sur la structure de cils connecteurs provenant de souris qui présentaient – ou non – une mutation dans le gène d’une des quatre protéines mentionnées", ces observations, menées à différents stades de vie, ont montré qu'en absence de la mutation ces protéines assurent, tout comme ce qui avait précédemment été vu dans les centrioles, "la cohésion entre les microtubules en formant une fermeture éclair qui se referme au fur et à mesure du développement".

     

    Par contre, "lorsque le gène de cette protéine est muté, bien que la structure des microtubules apparaisse normale dans les premiers jours, les microtubules deviennent progressivement de moins en moins solidaires entre eux" de sorte qu'à l’âge adulte, "les souris concernées présentent finalement des microtubules qui ne sont plus du tout «zippés» les uns aux autres et qui finissent par s’effondrer, conduisant à la mort cellulaire des photorécepteurs".

     

    Ces travaux, qui "ont conduit à une meilleure compréhension au niveau moléculaire et structural de la rétinite pigmentaire" permettent "d’envisager des traitements thérapeutiques agissant en amont de la dégénérescence cellulaire" puisqu'ils suggèrent qu'en «injectant la protéine chez les patients souffrant de certaines rétinites pigmentaires, on peut supposer que le zip moléculaire puisse être rétabli pour garantir l’intégrité structurale des microtubules des cils connecteurs, évitant ainsi la mort des cellules photoréceptrices ».

     

     


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