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    Une étude, dont les résultats intitulés «Baade’s window and APOGEE: Metallicities, ages, and chemical abundances» ont été publiés dans la revue Astronomy & Astrophysics, a permis de découvrir, grâce aux performances du relevé APOGEE (SDSS-III) qu'une fraction significative d'étoiles du bulbe appartient à une population jeune, alors que jusqu'ici, l’âge du bulbe galactique était estimé à environ 10 milliards d'années, ce qui correspond à une population stellaire ancienne.

     

    Rappelons tout d'abord qu'au cours de la dernière décennie, «des progrès significatifs ont été accomplis dans la compréhension du bulbe galactique alors que beaucoup de questions restent en suspens concernant la nature du cœur de notre galaxie». Dans ce contexte, APOGEE a été «le premier relevé spectroscopique à large échelle en haute résolution de la population stellaire de la Voie Lactée».

     

    L'étude ici présentée a été réalisée «sur la comparaison des paramètres stellaires et des abondances chimiques individuelles (éléments alpha, éléments de pic de fer) des géantes M dans la fenêtre du Baade». APOGEE «est capable de mesurer les âges individuels des étoiles, une mesure primordiale pour la compréhension de l’évolution de notre Voie Lactée» du fait que «les abondances de carbone et d'azote sont sensibles à la masse stellaire et donc à l’âge de chaque population d’étoiles».

     

    Il est ainsi apparu «qu'une fraction significative d'étoiles du bulbe appartient à une population jeune» (les étoiles riches en métal sont principalement des étoiles jeunes, tandis que les étoiles pauvres en métal appartiennent à l'ancienne population). Ainsi, «les résultats actuels montrent un accord remarquable» avec le modèle de Haywood et al. (2016) qui explique que «cette population jeune s’est formée en raison des instabilités dynamiques dans le disque et après une période de "quenching" où la formation d'étoiles s'est arrêtée».

     

    Pour sa part, APOGEE-2, dont les premières observations «ont été lancées en mars 2017», va «continuer à observer les parties internes de la Galaxie avec le télescope Pont de l'Observatoire Las Campanas, au Chili». Ainsi, avec les observations de APOGEE-2 actuellement en cours il sera «possible d’obtenir une cartographie complète des âges dans le bulbe galactique» de sorte que ces observations permettront «enfin de valider les modèles de formation et d’évolution de notre Voie Lactée».

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «Dual-light control of nanomachines that integrate motor and modulator subunits» ont été publiés dans la revue Nature Nanotechnology, a permis d'élaborer, afin de fournir un travail dans un sens puis dans l'autre, des machines moléculaires précisément contrôlées à la manière d'une boîte de vitesses.

     

    Rappelons tout d'abord que les nanomachines, «mises à l'honneur par le prix Nobel de chimie 2016», fournissent «un travail mécanique aux plus petites échelles». Ces moteurs moléculaires «peuvent produire un mouvement mécanique cyclique grâce à une source d'énergie externe, par exemple chimique ou lumineuse, combinée au mouvement brownien (mouvement désordonné et aléatoire des molécules environnantes)». Du fait que le nanomoteur est «soumis à des chocs moléculaires de toute part», la production afin d'être utile d'un travail mécanique orienté est compliquée.

     

    Pour résoudre cette difficulté, «les premiers moteurs moléculaires des années 2000 utilisent le principe du 'cliquet brownien' qui, à la manière d'un cran sur une roue dentée empêchant le mécanisme de repartir en arrière, va biaiser le mouvement brownien afin que le moteur ne fonctionne que dans une seule direction». Cependant, ce montage qui «permet de fournir un travail exploitable» interdit de changer son sens.

     
    Afin de proposer «une solution pour inverser ce mouvement», l'étude ici présentée a «relié des moteurs à des modulateurs moléculaires (unités de débrayage), par le biais de chaînes de polymères (unités de transmission)». Dans un premier temps, sous irradiation ultraviolette, les moteurs vont tourner alors que les modulateurs restent immobiles de sorte que les chaînes de polymères vont «s'enrouler sur elles-mêmes, et se contracter à la manière d'un élastique qui raccourcit au fur et à mesure qu'on le torsade».

     
    Dans un second temps, «lorsque les molécules sont soumises à une lumière dans le spectre visible, les moteurs s'arrêtent et les modulateurs sont activés»: alors, l'énergie mécanique stockée dans les chaînes de polymères entraîne «une rotation des modulateurs dans le sens inverse du mouvement originel et le matériau s'étend».

     
    Surtout, il a pu être montré «que le taux et la vitesse du travail produit peuvent être finement régulés grâce à des combinaisons de lumières UV et visibles, comme une boîte de vitesse fonctionnant par modulation de fréquence entre moteurs et modulateurs».

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «Tardigrades Use Intrinsically Disordered Proteins to Survive Desiccation» ont été publiés dans la revue Molecular Cell, a permis d'établir que les tardigrades * résistent à la dessiccation totale de leur corps, parce qu'ils synthétisent des protéines très particulières, qui protègent l'intérieur de leurs cellules.

     

    Rappelons tout d'abord que les tardigrades *, petits animaux voisins des arthropodes, fascinent par leurs capacités de résistance «au froid, à la chaleur, aux rayonnements, au vide spatial et à la dessiccation». Les tardigrades, qui comptent un millier d'espèces environ, «vivent souvent dans des endroits susceptibles de se dessécher complètement (des mousses par exemple)», ce qui explique qu'ils se soit adaptés à cette catastrophe.

     

    Plus précisément, en situation de sécheresse, «le tardigrade se dessèche, réduisant son volume» tandis que «ses pattes et sa tête se replient sous la cuticule entourant le corps». Son «métabolisme semble s'arrêter» et l'animal se trouve «réduit à un minuscule bourgeon tout sec et collé à son support».

     

    Comme «dans ces conditions, les protéines et l'ADN devraient être détruits rapidement», jusqu'ici la capacité de résistance à la dessiccation des tardigrades «demeurait un grand mystère», car ses cellules n'étaient «pas protégées par une forte concentration de tréhalose, un sucre dont se servent d'autres animaux pour résister à la dessiccation, comme par exemple les artémies ** ou certaines grenouilles».

     

    L'étude ici présentée montrent qu'en fait, «les tardigrades produisent de fortes quantités de protéines très particulières, dites 'intrinsèquement, ou nativement, désordonnées', IDP selon leur nom anglais» puisqu'elles peuvent prendre diverses formes selon les circonstances.

     

    La démonstration a été effectuée en trois étapes. D'abord, il a été constaté que les gènes, codant pour ces protéines IDP, «découvertes dans les années 1990», sont activés chez trois espèces différentes de tardigrades confrontés à l'évaporation de l'eau autour d'eux. Ensuite, lorsqu'on inactive ces gènes, les tardigrades deviennent «incapables de survivre à la dessiccation». Enfin l'introduction de ces gènes chez des bactéries et des levures, leur a conféré cette résistance.

     

    Il apparaît que «lors du dessèchement, ces protéines multiformes forment une structure vitreuse qui immobilise les molécules à l'intérieur des cellules» de sorte qu'ainsi figées, «elles ne subissent pas les effets désastreux d'une augmentation de concentration». Comme «ce mécanisme est le même que celui offert par le tréhalose», il existe dans la nature «deux moyens différents pour parvenir au même résultat».

     

    Cette découverte ouvre des perspectives de développement de nouveaux procédés de conservation en utilisant «ce principe de la vitrification pour protéger des médicaments ou des cellules vivantes».

     

    Liens externes complémentaires (source Wikipedia)

    * Tardigrades

    ** Artémie

     

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «Divergence in the evolution of Paleolithic symbolic and technological systems: The shining bull and engraved tablets of Rocher de l'Impératrice» ont été publiés dans la revue PLOS ONE, décrit des gravures exhumées au rocher de l’Impératrice, un abri sous roche situé au pied d’une falaise dans des bois près de Plougastel-Daoulas (Finistère), qui apportent un témoignage inédit sur la culture des chasseurs-cueilleurs de la période dite 'azilienne'.

    Le site a été fouillé chaque été depuis 2013, discrètement, «par peur des pillages» car «certains chasseurs de vestiges n’hésitant pas à dérober des blocs de sol qu’ils tamisaient à même la forêt» (aujourd'hui, l'abri est «protégé par un grillage de 3 m de haut»).

     

    Il apparaît que les 45 fragments de schiste gravés il y a 14000 ans, que ce rocher de l’Impératrice a livré à ce jour, constituent «les plus anciens témoignages graphiques jamais découverts en Bretagne». Ils ont été travaillés à une époque où, comme «l'ère glaciaire va prendre fin dans quelques millénaires», le niveau de la mer est «bien plus bas qu’aujourd’hui (90 m). De ce fait, «le 'relais de chasse' du rocher de l’Impératrice est alors à 50 km de la côte, surplombant une vallée très encaissée».

     

    Les deux principales pièces gravées «jettent une lumière nouvelle sur cette période de la préhistoire de la fin du paléolithique, avant que les chasseurs-cueilleurs ne cèdent la place aux éleveurs agriculteurs du néolithique». Ces deux plaquettes sont ornées sur les deux faces: «un cheval entier se trouve sur les deux côtés de la plaquette 741, de 30 cm de côté environ», tandis que le fragment 317, est considéré comme la pièce maîtresse «avec ses deux têtes d’aurochs, dont l’une est entourée de rayons, comme s’ils irradiaient du ruminant», car «aucun équivalent d’“animal brillant” n’a pu être trouvé dans l’iconographie du paléolithique européen».

     

    Il a été déterminé que «les rayons ont été gravés après la tête de l’animal» et que «celui qui a effectué le dessin est repassé sur les cornes pour que l’auroch apparaisse bien au premier plan». De plus, «l'ensemble du dessin a été rehaussé par l’utilisation d’un pigment charbonneux». Comme «d'autres fragments gravés, encore incomplets, portent des rayons similaires», le 'taureau rayonnant' «pourrait ne pas être le seul».

     

    Alors qu'on estimait jusqu'ici que la transition culturelle de l’azilien «marquait une rupture franche avec les périodes précédentes du magdalénien (site d’Altamira, – 15000 ans) et à plus forte raison de l’aurignacien (Chauvet, – 35000 ans) et leurs dessins naturalistes d’une grande précision», ces découvertes incitent à réexaminer cette transition culturelle.

     

    Plus précisément, alors que «l'azilien était plutôt caractérisé par un style non figuratif, exprimé par des formes géométriques portées notamment sur des galets», le site du rocher de l’Impératrice «suggère une plus grande continuité avec les cultures précédentes», malgré le fait que «les rayons pourraient constituer une première incursion vers l’art plus schématique qui suivra».

     

    En fin de compte, «les chasseurs du rocher de l’Impératrice, qui évoluaient dans un environnement de steppe, avaient clairement adopté de nouvelles techniques de taille des outils de pierre, typiques de l’azilien» sans avoir «encore rompu avec l’iconographie qui avait cours depuis des millénaires, et qui nécessitait un savoir-faire bien plus élaboré que les productions graphiques aziliennes, qui allaient ensuite voir le jour».

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «Reversion of antibiotic resistance in Mycobacterium tuberculosis by spiroisoxazoline SMARt-420» ont été publiés dans la revue Science, a permis d'élaborer un prototype de médicament (SMARt-420, en anglais Small Molecule Aborting Resistance) capable de supprimer la résistance à l'éthionamide, un antibiotique utilisé pour traiter la tuberculose.

     

    Rappelons tout d'abord que les antibiotiques qui «sont universellement considérés comme l’un des plus grands progrès médicaux du XXe siècle», ont «transformé la santé humaine en permettant la guérison d'infections jusqu'alors graves ou mortelles». Pour ce qui concerne la tuberculose qui «est une maladie bactérienne causée par Mycobacterium tuberculosis (Mtb)» transmise par voie aérienne et touchant principalement les poumons, le traitement «associe plusieurs antibiotiques sur une durée de six mois».

     

    Néanmoins, «l'augmentation continuelle du nombre de souches de Mtb résistantes aux antibiotiques est particulièrement inquiétante»: en effet, en 2016, «parmi les 10 millions de nouveaux cas de tuberculose déclarés dans le monde, 500 000 étaient considérés comme multirésistants aux antibiotiques, provoquant dans cette population la mort de près d'un malade sur deux». La résistance aux antibiotiques, qui «signifie que l’effet antibactérien d’un antibiotique ne se manifeste plus», est provoquée chez Mycobacterium tuberculosis, «par des mutations génétiques souvent considérées comme difficilement réversibles».

     

    Dans ce contexte, l'étude ici présentée «montre qu'il est possible de contraindre le bacille tuberculeux résistant à l'antibiotique éthionamide à revenir à un état de complète sensibilité». Notons que l’éthionamide, «comme de nombreux antituberculeux», fait partie des pro-antibiotiques qui sont des médicaments, inactifs en tant que tels, devant «être activés à l'intérieur de la bactérie pour la tuer». En fait, «la résistance au pro-antibiotique éthionamide se produit lorsque des mutations génétiques altèrent ce mécanisme de bioactivation».

     

    Pour sa part, le prototype de molécule (SMARt-420) élaboré dans le cadre de cette étude «réveille une nouvelle voie de bioactivation de l'éthionamide, provoquant ainsi une resensibilisation complète des bactéries résistantes à cet antibiotique»: plus précisément, la combinaison de SMARt-420 et de l'éthionamide a «permis de traiter efficacement des souris infectées par des bacilles tuberculeux qui étaient devenus insensibles à l'antibiotique seul».

     

    Le succès de cette démarche, qui ouvre la voie «à un candidat-médicament, actuellement en développement», conduit à élargir le concept mis en œuvre «à d'autres infections bactériennes dont les traitements sont mis en péril par la montée en puissance des cas de résistances aux antibiotiques».

     

     


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