•  

    Une étude, dont les résultats intitulés «Relative magnetic helicity as a diagnostic of solar eruptivity» ont été publiés dans la revue Astronomy and Astrophysics, a permis, en travaillant sur des modélisations numériques 3D, de mettre évidence un facteur, associé à l'hélicité magnétique, susceptible de détecter à l'avance une éruption solaire.

     

    Indiquons tout d'abord qu'une éruption solaire, qui «est un des phénomènes les plus violents de notre Système solaire», coïncide «avec une reconfiguration brutale et soudaine du champ magnétique, formidable réservoir d'énergie qui permet d'expulser dans l'espace interplanétaire des milliards de tonnes de matière solaire à plus de mille kilomètres par seconde». Jusqu'ici, «malgré l'étude de nombreux paramètres, la probabilité de prédire une éruption majeure un jour à l'avance ne dépasse pas 40%».

     

    Comme «nos technologies sont toujours plus dépendantes de composants électroniques» et des satellites (GPS, téléphonie…), sensibles à l'activité du Soleil («les plus puissantes éruptions peuvent induire sur Terre des perturbations majeures comme des interférences dans les télécommunications ou la mise hors service des réseaux électriques dans des régions entières du globe») et comme ces éruptions solaires peuvent également «mettre en danger la vie des astronautes», il est impératif de prévoir ces évènements aussi bien que «les services météorologiques prévoient un orage sur Terre».

     

    Aussi, en vue de trouver un paramètre 'prédicteur', les astrophysiciens font «des simulations numériques 3D, qui reproduisent par ordinateur l'apparition du champ magnétique dans l'atmosphère du Soleil ainsi que la formation des taches solaires, sièges des éruptions. Différentes simulations paramétriques ont été testées et «l'évolution de l'énergie et de l'hélicité magnétique, une grandeur qui mesure le niveau d'entortillement et de torsion du champ magnétique» ont été analysées.



    Pour cette étude, effectuée dans le cadre du programme HéliSol, deux scénarios ont été simulés par ordinateur: «l'un avec éruption et l'autre sans éruption». Les calculs ont, dans un premier temps, «confirmé que ni les énergies magnétiques ni l'hélicité du champ magnétique global ne remplissaient les critères d'un facteur prédictif».

     

    Néanmoins, dans un second temps, à la suite d'une «démarche mathématique complexe basée sur la séparation du champ magnétique en plusieurs composantes», un indice «susceptible de pouvoir prévoir les éruptions» a pu être élaboré. Plus précisément, «cet indice (qui compare deux hélicités de la zone potentiellement éruptive) reste faible dans les scénarios sans éruption, tandis que dans tous les autres cas, il s'élève sensiblement avant l'éruption».

    Ces résultats théoriques, qui «doivent maintenant être confirmés par l'analyse d'observations des régions actives solaires», ouvrent de la sorte «la voie vers des prédictions plus performantes des éruptions solaires».

     

     


    votre commentaire
  •  

    Une étude, dont les résultats intitulés «A bioprosthetic ovary created using 3D printed microporous scaffolds restores ovarian function in sterilized mice» ont été publiés dans la revue Nature Communications, a permis d'élaborer un ovaire artificiel, imprimé en 3D grâce à une encre gélatineuse, en vue de traiter des cas d'infertilité. Pour l'instant, cet implant a été testé avec succès sur des souris.

     

    En fait, les matrices poreuses obtenues ont servi de support pour les follicules ovariens: pour que les micropores de la matrice puissent remplir cette mission, la taille et la localisation des trous avaient été pensées «pour contenir des dizaines de follicules et permettre aux vaisseaux sanguins de se connecter aux implants».

     

    Pour tester cet ovaire artificiel, les souris ont d'abord «été ovariectomisées (on a retiré leurs ovaires)» avant de recevoir les implants. L'ovaire artificiel devait permettre «la maturation des ovocytes in vitro et in vivo. En fait, «la vascularisation a pu se faire in vivo» puisque «les implants se sont raccordés à la circulation sanguine en une semaine» et «ont libéré des ovocytes matures de manière naturelle à travers les pores de la structure gélatineuse, grâce à une ovulation normale».

     

    Ainsi, les ovaires de synthèse ont «restauré la fonction ovarienne chez les souris stériles», sans que des hormones ne leur aient été données artificiellement. L'ovulation s'est donc faite «grâce aux hormones produites dans l'organisme de l'animal».

     

    De plus, sur sept souris qui «se sont accouplées après avoir reçu leurs ovaires artificiels», trois «ont donné naissance à des bébés souris qui s'étaient développés à partir d'ovules produits par les implants»: ces bébés souris «ont été allaités normalement par leur mère et se sont même reproduits plus tard».

     

    Actuellement, «on ne sait pas si cette approche fonctionnerait dans le cas de l'espèce humaine, où les follicules sont bien plus gros», mais on peut saluer cette avancée qui pourrait «permettre à des jeunes femmes d'avoir des enfants, notamment après un traitement anti-cancer».

     

     


    votre commentaire
  •  

    Une étude, dont les résultats intitulés «Surface vitrification caused by natural fires in Late Pleistocene wetlands of the Atacama Desert» ont été publiés dans la revue Earth and Planetary Science Letters, a permis de montrer que les sols vitrifiés du désert d’Atacama (Chili) sont des traceurs d'incendies naturels à la fin du Pléistocène et que ces types de verres peuvent être des marqueurs de changements climatiques et/ou environnementaux.

     

    Indiquons tout d'abord que, sur Terre, en dehors des volcans, les roches vitrifiées résultent en général «d'incendies spontanés déclenchés ou alimentés par des composés organiques fossiles (charbon ou gaz) qui produisent ce que les géologues appellent des 'paralavas' ou laves paradérivées». Il existe néanmoins «des verres formés lors d'impact hypervéloces d’astéroïdes». Ces deux origines sont souvent assez facile à distinguer par «la présence de veines de charbon dans le premier cas ou de cratère d’impact dans le second».

     

    Remarquons aussi qu'en l’absence «d’évidence directe pour un impact ou d’un contexte géologique favorable pour la formation de paralavas, certains verres ont été interprétés comme le résultat de l'explosion à très basse altitude de matériel cométaire ou astéroïdal», car, dans ce cas, «par analogie aux explosions nucléaires, l’énergie cinétique de l’astéroide ou de la comète se transforme en radiations suffisamment intenses capables de vitrifier la surface du sol en un temps très court».

     

    L'étude ici présentée a démontré que les verres des sols vitrifiés, «présents de manière discontinue sur de grandes étendues (une bande longitudinale de plus de 70km de longueur)» et découverts en 2012 dans la région de Pica au nord du désert d'Atacama, l'une des régions les plus arides de la planète, se sont formés lors d’incendies dans des sols enrichis en matière organique et en plantes silicifiées.

     

    Plus précisément, «il s’agit de verres silicatés (environ 60% SiO2) très poreux avec une minéralogie témoignant de conditions réductrices extrêmes (sphérules de fer métallique, phosphures et monosulfures de fer, etc.), mais dépourvus d'indice géochimique de contaminant extra-terrestre». Il est apparu, «grâce à une étude paléomagnétique complétant des datations au carbone 14», qu'au moins «deux événements thermiques distincts séparés de plusieurs centaines d’années» ont eu lieu, «ce qui est incompatible avec une origine extraterrestre (explosion d’un bolide à basse altitude)».

     

    Les observations de terrain indiquent que «les sols vitrifiés sont distribués principalement dans d’anciennes zones humides où l’on peut encore observer des litières de plantes silicifiées»: en effet, le désert d’Atacama a connu «des périodes humides à la fin du Pléistocène, contemporaines des phases de développement maximum des grands paléolacs du sud de l’Altiplano Bolivien aujourd’hui représentés par le salar d’Uyuni et le salar de Coipasa».

     

    De ce fait, de grandes oasis «se sont développées le long du piedmont andin lorsque la nappe phréatique était presque au niveau du sol» et «de la matière organique et des plantes riches en précipités minéraux (phytolithes) ou partiellement silicifiées se sont accumulés dans le sol des zones humides». Ensuite, des «incendies peut-être ressemblant aux feux de tourbes se sont déclenchés lorsque le climat est devenu plus aride, au moment de l’abaissement de la nappe phréatique».

     

    Cette étude, qui montre «que sous certaines conditions environnementales et climatiques, les températures lors d’incendies spontanés peuvent être suffisamment élevées pour vitrifier les sols», devrait conduire «à reconsidérer l'origine de certains verres décrits comme verres d'impacts dans d'autres régions du monde (Verre Lybique, mais surtout ceux d’Edeowie en Australie, de Dakhleh en Egypte ou ceux décrits dans des sédiments Miocène d’Argentine), avec des implications pour la quantification de l’aléa lié à l’explosion de bolides dans l’atmosphère de la Terre».

     

     


    votre commentaire
  •  

    Une étude, dont les résultats intitulés «A Supernova at 50 pc: Effects on the Earth's Atmosphere and Biota» ont été publiés dans la revue The Astrophysical Journal, a permis d'évaluer les effets de l'explosion d'une supernova à 50 pc sur l'atmosphère de la Terre et son biotope.

     

    Rappelons tout d'abord qu'il y a un an, deux études ont conduit à la conclusion «que les excès d'isotopes radioactifs du fer (60Fe) trouvés dans des carottes réalisées dans d'anciens fonds marins ont pour origine des supernovæ» dont la plus récente «pourrait s'être produite il y a environ 2,6 millions d'années».

     

    Une nouvelle estimation de la distance de cette récente supernova, qui serait de 150 années-lumière au lieu des 300 années-lumière «comme cela avait été suggéré précédemment», est à l'origine de l'étude ici présentée, qui s'est intéressé «aux conséquences qu'a pu avoir cet évènement sur la vie sur Terre». Indiquons à ce propos que la distance minimale de 'sécurité' entre la Terre et une supernova, avancée dans une étude en 2003, est en réalité «presque le double, entre 40 et 50 années-lumière».

     

    Pour ce qui concerne l'évènement étudié, il est très probable que «des hordes de rayons cosmiques se soient frayé un chemin» jusqu'à notre Terre. En effet, si les rayons cosmiques émis par les supernovæ «aiment voyager le long des lignes de champs magnétiques» sans les traverser, dans le cas analysé «la bulle locale dans laquelle nous nous trouvons (le Soleil et ses planètes), structurée par des supernovae successives, est un 'champ magnétique faible et désordonné'».

     

    Dans ce contexte, le flux, qui «ne fut sans doute pas assez fort pour causer une extinction de masse», a pu «tout de même affecter les êtres vivants»: comme les muons «seraient descendus dans la basse atmosphère et auraient eu un effet sur la troposphère», cet effet peut être comparé à celui «de plusieurs tomodensitogrammes (en anglais, CT-Scans ; CT pour Computerized Tomography) effectués sur une année» sachant que «votre médecin ne recommanderait pas une tomodensitométrie, à moins que vous en ayez vraiment besoin».

     

    Comme les conséquences sur les êtres vivants auraient «pu être des cancers et des mutations», cette étude a examiné «des fossiles datant du pléistocène (la période à laquelle l'évènement a pu se produire) et provenant d'Afrique» parce que ce continent «fut le plus géologiquement stable à cette époque». On a noté «beaucoup de disparition d'espèces à ce moment-là», mais du fait qu'il existe «de nombreux effets concurrents», il est difficile de les lier à la supernova.

     

    Plus précisément, ces extinctions ont pu, par exemple, «être induites par des changements climatiques». Cependant, comme les rayons cosmiques peuvent «agir sur la formation des nuages et donc modifier le bilan radiatif de l'atmosphère», il peut exister des corrélations.

     

    Par ailleurs, une lumière bleue envahissant le ciel, qui a pu durer un mois, est un autre effet, signalé par cette étude, des interactions avec les rayons cosmiques. La durée de cette lumière bleue a pu être suffisante «pour gêner un grand nombre d'espèces et modifier leurs comportements» en perturbant, en particulier, le sommeil.

     

    En dernier lieu, «l'une des conséquences les plus graves d'une pluie de rayons cosmiques d'une supernova située à 150 années-lumière sur l'atmosphère terrestre» est, «une augmentation des coups de foudre» avec, pour corollaire, «le déclenchement d'incendies de forêt». Cette prédiction apparaît se retrouver «dans les archives géologiques en Afrique il y a 2,6 millions d'années», car «une diminution significative de la couverture forestière et une extension des prairies» est observée et il semble que «les rayons cosmiques aient quelque chose à voir avec cela».

     

    En fin de compte, s'il n'y a pas eu d'extinction massive, il est vraisemblable que cette supernova a «semé le trouble sur notre planète bleue».

     

     

     


    votre commentaire
  •  

    Une étude, dont les résultats intitulés «A new ankylosaurine dinosaur from the Judith River Formation of Montana, USA, based on an exceptional skeleton with soft tissue preservation» ont été publiés dans la revue Royal Society Open Science, décrit une nouvelle espèce d'ankylosaure dont les restes fossilisés ont été découverts dans les couches sédimentaires des Badlands d'Amérique du Nord, «plus précisément dans la formation de Judith River, dans le Montana (États-Unis), datant du Campanien au Crétacé supérieur» (âgée d'environ 75 millions d'années, cette formation «est également connue sous le nom de la formation d'Oldman en Alberta, au Canada»).

     

    Ce nouvel ankylosaure a été dénommé Zuul crurivastator «en référence à un des personnages de S.O.S Fantômes (Ghostbusters en anglais)»: Zuul est le nom de l'un des deux serviteurs du dieu sumérien Gozer et est connu comme le 'Cerbère de la Porte' dans le film de 1984», tandis que «Crurivastator signifie approximativement 'briseur de tibias' car l'ankylosaure est «muni d'une sorte de massue au bout de sa queue» qu'il pouvait probablement utiliser «pour briser les pattes de ses prédateurs».

     

    Comme le spécimen retrouvé «nous est parvenu avec un crâne et une queue complets», cette découverte est intéressante du fait que «les fossiles d'ankylosaures sont rares» et que «les squelettes connus de cet herbivore emblématique des dinosaures cuirassés sont très incomplets». En outre, ses restes fossilisés, «encore en cours de préparation», laissent deviner «la présence d'empreintes de parties molles et on s'attend même à avoir des détails sur sa peau».

     

     


    votre commentaire