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    Une étude, dont les résultats intitulés «Pancreatic Adenocarcinoma Therapeutic Targets Revealed by Tumor-Stroma Cross-Talk Analyses in Patient-Derived Xenografts», ont été publiés dans la revue Cell Reports, a permis, à partir de la génération d'une 'banque' de quelque 200 tumeurs pancréatiques humaines vivantes, et des cellules issues de ces tumeurs, de déterminer deux sous-types principaux de tumeurs, dont les spécificités pourraient constituer de nouvelles pistes thérapeutiques.

     

    Rappelons tout d'abord qu'avec «moins de 5 % de survie à 5 ans, le cancer du pancréas affiche les plus sombres pronostics de tous les cancers». Jusqu'ici, «la chirurgie reste le meilleur traitement possible pour les 15 à 20 % de patients dont la tumeur est opérable, avec une espérance de vie de 15 à 18 mois», tandis qu'au stade de développement métastatique, comme «la chimiothérapie et la radiothérapie ne sont que faiblement efficaces», la durée de vie est «estimée entre 3 et 6 mois.

     

    Indiquons également que «comme les autres cancers, le cancer du pancréas résulte de la combinaison de facteurs génétiquesépigénétiques (des modifications biochimiques du génome) et environnementaux, qui provoquent des profils très hétérogènes de la maladie, avec des profils très contrastés de symptômes, de prédisposition et de réponse aux traitements des patients». En raison de cette hétérogénéité, il est essentiel «de pouvoir distinguer les différents types de patients, en fonction de leur profil de susceptibilité aux traitements disponibles».

     

    Dans ce contexte, il a été «généré une 'banque' d’environ 200 tumeurs pancréatiques humaines (PDAC) vivantes, à partir de xénogreffes chez la souris, et des cellules issues de ces tumeurs». L’analyse des 29 premières tumeurs a fait apparaître «que ces modèles reproduisent de façon remarquable les caractéristiques des tumeurs chez le patient, ainsi que leur interaction avec l’environnement immédiat de la tumeur (on parle de microenvironnement ou stroma, avec l’avantage dans ce modèle de pouvoir distinguer les cellules tumorales humaines transformées des cellules stromales murines non transformées)».

     

    A la suite d'une «série d’analyses 'omiques', c’est-à-dire la caractérisation de l’ensemble des altérations de l’expression des gènes et des modifications dites épigénétiques de méthylation de l’ADN», il a été constaté «que ces altérations entraînent des changements de l’expression des gènes et ont un impact sur la présence de cellules immunes dans le microenvironnement tumoral, aussi bien dans les cellules transformées que dans le stroma de l’animal hôte».

     

    Grâce à «ce profilage multiomique extensif», deux sous-types principaux de tumeurs pancréatiques humaines ont été déterminés «avec des conséquences cliniques spécifiques pour chacun»: plus précisément, «ces sous-types présentent des altérations spécifiques de la méthylation et de l’expression des gènes, ainsi que des voies de signalisation impliquées dans le 'dialogue' entre cellules cancéreuses et cellules stromales». Ces observations, qui «révèlent l’interaction complexe et diverse entre les tumeurs PDAC et le stroma», conduisent à suggérer des pistes thérapeutiques.

     

    En fin de compte, les données présentées dans cette étude indiquent «que les xénogreffes représentent un modèle approprié pour des études précliniques, et reproduisent la diversité des cancers primaires dans lesquels le stroma est reconstitué». Ce matériel peut donc devenir, grâce à «son analyse multiomique», une source «riche de nouvelles cibles thérapeutiques fiables pour traiter les patients atteints de PDAC».

     

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «The image-forming mirror in the eye of the scallop» ont été publiés dans la revue Science, révèle que la coquille Saint-Jacques, possède un système visuel sophistiqué pouvant comprendre jusqu'à deux cents yeux d'un millimètre de diamètre fonctionnant comme des télescopes.

     

    Indiquons tout d'abord que si «la plupart des yeux des animaux, comme chez les humains, ont un cristallin, une lentille qui fait converger la lumière vers la rétine formée de tissu sensible aux rayons lumineux se trouvant au fond de l’œil», certains organismes marins comme la coquille Saint-Jacques et des poissons vivant dans les grandes profondeurs «ont un système de miroirs pour créer des images par réflexion de la lumière», programmé «pour capter les ondes lumineuses qui pénètrent dans leur habitat».

     

    Pour sa part, l'étude ici présentée montre que les yeux des coquilles Saint-Jacques sont dotés d'un système de miroirs concaves pour réfléchir la lumière. Ces miroirs, composés «d'une mosaïque de cubes cristallins microscopiques dont la morphologie complexe en trois dimensions permet aussi de réduire les aberrations optiques et de produire des images nettes», ressemblent «de façon frappante aux miroirs segmentés des télescopes à réflexion».

     

    Ils «forment des images sur une rétine à deux couches de tissu de manière à produire séparément des images dans le champ visuel central et périphérique donnant à la coquille Saint-Jacques un champ visuel d'environ 250 degrés comparativement à 180 degrés pour les yeux humains».

     

    Cette étude souligne «la grande complexité de l'organe visuel de la coquille Saint-Jacques, peut-être l'un des plus sophistiqués dans la nature» et, en particulier, «le degré très élevé d'organisation structurelle à une échelle nanométrique des miroirs au fond des yeux de ce mollusque pour à la fois réfléchir la lumière et la faire converger».

     

    De ce fait, «tout comme des systèmes optiques complexes chez d'autres animaux tels les homards ont déjà aidé à la conception de télescopes plus puissants», ce travail pourrait «ouvrir la voie à la création de nouveaux instruments optiques» compacts bio-inspirés «dotés d'un champ optique large».

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «Bronze Age iron: Meteoritic or not? A chemical strategy» ont été publiés dans la revue Journal of Archaeological Science, a permis de montrer que le fer utilisé à l'âge du bronze est systématiquement d'origine météoritique.

     

    Rappelons tout d'abord que, si, officiellement, «l'âge du fer commence en Anatolie et dans le Caucase autour de 1200 ans avant notre ère», diverses cultures façonnent, «près de 2000 ans plus tôt», des objets en fer. «Extrêmement rares», ces artéfacts, «bénéficient toujours d'un grand prestige».

     

    Pour «expliquer leur valeur, alors que les minerais de fer sont très abondants à la surface de la Terre», des premiers travaux ont prouvé «que certains avaient été conçus avec du fer provenant de météorites, ce qui a poussé les chercheurs à se demander quelle part de ces vestiges avait une origine extraterrestre».

     

    Afin de répondre à cette question, l'étude ici présentée reprend les données disponibles et rapporte les résultats de nouvelles analyses non destructives effectuées, «avec un spectromètre de fluorescence X portable permettant l'analyse chimique des échantillons», sur un corpus d'objets qui «comprend des perles en fer retrouvées à Gerzeh (Égypte, -3200), une dague découverte à Alaca Höyük (Turquie, -2500), un pendentif d'Umm el Marra (Syrie, -2300), une hache d'Ugarit (Syrie, -1400) et plusieurs autres de la dynastie Shang (Chine, -1400), ou encore la dague, le bracelet et l'appuie-tête de Toutankhamon (Égypte, -1350)».



    Au bout du compte, il apparaît que «tous ces artéfacts en fer de l'âge du bronze sont bien d'origine météorique». La démonstration découle de la différence des processus de formation. Plus précisément, «lors de la formation de gros astres tels que notre planète, le nickel migre presque entièrement vers le noyau de fer liquide», ce qui fait que ce métal est «rare en surface». Comme certaines météorites, qui naissent de la destruction d'astres, peuvent provenir de leur cœur, «elles sont principalement composées de fer avec une forte teneur en nickel et en cobalt», ce qui trahit leur origine.

     

    Ceci dit, l'intérêt du fer des météorites est qu'il se trouve déjà à l'état de métal et «peut donc être utilisé tel quel contrairement aux minerais terrestres qui sont transformés en métal par une opération de réduction consistant à ôter l'oxygène qu'ils contiennent»: cela explique pourquoi, à l'âge du bronze, «les objets en fer étaient alors tous d'origine météoritique».

     

    Par la suite, «l'invention de la technique permettant d'ôter l'oxygène des minerais de fer» a «ouvert le véritable âge du fer et les rarissimes métaux extraterrestres ont été entièrement délaissés au profit de minerais extrêmement plus courants et économiques».

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «Improved Modeling of Compositional Heterogeneity Supports Sponges as Sister to All Other Animals» ont été publiés dans la revue Current Biology, a permis de prouver que les éponges de mer sont bien la plus ancienne lignée de tous les animaux vivant sur la Terre alors que, jusqu'à présent, les scientifiques, à la suite de récentes analyses génomiques menant à plusieurs conclusions, étaient incapables de décider «qui, des éponges ou des cténophores, des organismes marins carnivores transparents plus complexes morphologiquement *, étaient le plus ancien de nos ancêtres».

     

    Notons tout d'abord que «les hypothèses sur le fait de savoir laquelle de ces deux espèces est apparue la première suggèrent des évolutions complètement différentes des organes clé des animaux comme les systèmes nerveux et digestif». De ce fait, il était fondamental de «connaître l'ordre d'apparition de ces deux espèces à la racine de l'arbre animal» pour «comprendre notre propre évolution et les origines de caractéristiques importantes de l'anatomie animale».

     

    Le débat a pu être tranché par l'étude ici présentée en faisant appel à des techniques statistiques de pointe (Posterior Predictive Analyses) pour tester la validité des modèles sur l'évolution des organismes couramment utilisés en phylogénétique pour étudier l'évolution des premiers animaux». Au bout du compte, il est bien apparu «que les meilleurs modèles favorisaient les éponges pour être à la base de l'arbre généalogique de tous les animaux de la Terre».

     

     

    Lien externe complémentaire (source Wikipedia)

    Ctenophora

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «Photonuclear reactions triggered by lightning discharge» ont été publiés dans la revue Nature, révèle que des orages seraient capables de produire des réactions photonucléaires.

     

    Indiquons tout d'abord qu'il était déjà connu que «les nuages peuvent parfois se comporter comme des accélérateurs de particules», car des rayons gamma, appelés en anglais Terrestrial Gamma-Ray Flash, ou TGF (qu'on peut traduire par «flashs de rayons gamma terrestres»), peuvent «se produire à l'occasion d'éclairs» du fait que «les champs électriques situés dans les nuages peuvent être si intenses qu'ils provoquent l'accélération d'électrons à des vitesses proches de celle de la lumière, en direction du haut de l'atmosphère».

     

    Plus précisément, «ces électrons ionisent les atomes et molécules qu'ils heurtent», entraînant «avec eux les électrons produits, qui sont accélérés à leur tour» par avalanche. Alors, d'après le processus de Bremsstrahlung, ou 'rayonnement continu de freinage' *, certains de ces électrons qui «passent suffisamment près des noyaux des atomes» déclenchent une émission de rayons gamma: d'ailleurs, certains photons gamma sont «assez énergétiques pour qu'il y ait production de paires de particules et d'antiparticules, des électrons et des positrons».

     

    Pour sa part, l'étude ici présentée rapporte la découverte d'un nouveau phénomène associé aux TGF: en plus de produire de l'antimatière, «ces flashs gamma généreraient aussi des réactions nucléaires» de sorte que naîtraient «des isotopes radioactifs de certains noyaux, en l'occurrence de l'azote 13 (13N) et même de l'oxygène 15 (15O)». Cette conclusion découle de mesures réalisées «au moyen de quatre détecteurs de rayons gamma»: en effet, lors d'un orage, «le 6 février 2017, ces instruments ont observé des flashs gamma étonnants».

     

    Au début, les observations avaient permis de détecter des «bouffées de quelques centaines de millisecondes après chaque éclair». Ces bouffées pouvaient s'expliquer en supposant que des photons gamma, créés au cours de l'orage, avaient «heurté des neutrons dans des noyaux (comme ceux d'azote 14, 14N) au point de les éjecter», un phénomène, qui «se produit très probablement, car, au cours d'autres expériences, des flux de neutrons arrivant au sol en coïncidence avec des flashs gamma ont été observés dans des nuages d'orages».

     

    Ensuite, certains de ces neutrons auraient été capturés par d'autres noyaux, «les conduisant à des états excités similaires à ceux produits par des captures d'électrons dans des atomes, car il existe aussi des couches de nucléons dans les noyaux». C'est en se désexcitant, que «ces noyaux ont alors émis des photons gamma, un peu comme une population de noyaux radioactifs se désintégrant».

     

    En outre, un second type de signal, qui «suivait les flashs gamma précédents», a été enregistré avec un spectre en énergie présentant un pic à 0,51 MeV, «ce qui, d'ordinaire, s'interprète comme une production de rayons gamma par des annihilations électron-positron». La seule façon d'interpréter ces résultats semble être de faire intervenir «une autre réaction nucléaire dans laquelle, suite à l'éjection d'un neutron d'un noyau, celui-ci subit rapidement une désintégration bêta».

     

    De la sorte, on aurait «notamment, un noyau d'azote 13 qui se désintégrerait en noyau de carbone 13 en émettant un positron selon un mode dont la demi-vie est de 10 minutes environ».

     

     

     

    Lien externe complémentaire (source Wikipedia)

    * Rayonnement continu de freinage ou Bremsstrahlung

     

     


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