•  

    Une étude, dont les résultats intitulés «A synaptic threshold mechanism for computing escape decisions» ont été publiés dans la revue Nature, est parvenue à identifier comment notre cerveau arrive face au danger à évaluer le niveau de la menace pour décider ou non de prendre la fuite.

     

    Notons tout d'abord que «certaines personnes atteintes de stress post-traumatique ou souffrant de phobie sociale se sentent menacées en toutes circonstances, comme si leur cerveau n’était pas capable d’évaluer si une situation est vraiment dangereuse et de prendre la bonne décision quant à une fuite». En vue «d’identifier l’origine de ces troubles comportementaux et pouvoir, par la suite, proposer des traitements ciblés», l'étude ici présentée a cherché à identifier «les mécanismes cérébraux impliqués dans cette prise de décision».

     

    L'expérience a consisté à effrayer des souris «en simulant des ombres d’oiseaux prédateurs plus ou moins proches d’elles» et à «observer leurs réactions selon le niveau de menace», en particulier grâce à un microscope miniature «placé sur la tête de chaque souris» (l'objectif de l'instrument «était inséré dans le cerveau de la souris» pour permettre «d’observer directement l’activité cérébrale du rongeur»).

     

    Il est ainsi apparu que le colliculus supérieur (*) et la substance grise périaqueducale (**), «deux régions, situées à la base du cerveau», avaient «un rôle crucial dans la décision de prendre la fuite» puisque «c’est la connexion entre ces deux régions qui va déclencher la fuite».

     

    Plus précisément, lorsqu'un évènement menaçant est capté par l’œil, «les neurones de la rétine transfèrent l’information aux neurones du colliculus supérieur», qui font «appel à leur propre mémoire et analysent la situation». Par exemple, dans l'expérience avec les souris, «ils analysent la forme de l’ombre et sa taille puis décident si elle est menaçante».

     

    Si la situation est jugée dangereuse, «l’activité neuronale dans le colliculus supérieur augmente» et «passé un certain seuil d’activité, la connexion avec la substance grise périaqueducale s’établit et le cerveau prend alors la décision de fuir» tandis que «si l’activité n’est pas assez importante dans le colliculus supérieur, la connexion ne se fait pas et il n’y a pas de fuite» de sorte qu'on «peut dire que les neurones du colliculus supérieur prennent la décision et que les neurones de la substance grise périaqueducale l’exécutent»

     

    Bien que cette identification constitue «un grand pas en avant», la compréhension de l'origine de «certains problèmes de comportement comme les troubles post-traumatiques nécessitera d’autres études», car «les régions primitives du cerveau comme le colliculus supérieur sont dépendantes de régions plus complexes, apparues plus tard dans notre évolution».

     

    Liens externes complémentaires (source Wikipedia)

    (*) Colliculus supérieur

    (**) Substance grise périaqueducale

     

     


    votre commentaire
  •  

    Une étude, dont les résultats intitulés «The ring sanctuary of Pömmelte, Germany: a monumental, multi-layered metaphor of the late third millennium BC» ont été publiés dans la revue Antiquity et sont disponibles en pdf, a permis de détailler «les nombreuses trouvailles effectuées lors de travaux d'excavations menées entre 2005 et 2008» sur le site de Pömmelte (*) qui est une sorte de «Stonehenge allemand».

     

    Rappelons tout d'abord que le site de Pömmelte a été «découvert lors d'un survol en avion peu après la chute du mur de Berlin, en 1991, au sud-ouest de la ville». Il est considéré comme le «Stonehenge allemand», mais «en plus discret», car les cercles concentriques ne sont pas «matérialisés par d'imposants rochers comme en Grande-Bretagne (ce qui explique leur découverte si tardive)», mais, d'après les archéologues, «vraisemblablement constitué de structures en bois, aujourd'hui disparues». La reconstitution de ces structures de bois a d'ailleurs valu à ce site le surnom de «Woodhenge».

     

    Notons cependant que bien que Stonehenge soit éloigné de ce site de 1000 km, la version allemande a «été érigée 500 ans plus tard (en - 2300 avant J.-C.)». Néanmoins, les deux sites «participent vraisemblablement du même type de rites».

     

    Plus précisément, d'après cette étude, «il est assez clair que le site n'était pas habité». Composé «de sept cercles concentriques, de 115 mètres de diamètre pour le plus grand à 47 mètres pour le plus petit, formés de trous ou de tranchées de diverses tailles», ce site a été l'objet de fouilles qui ont permis de retrouver dans les fosses «des mélanges de morceaux de poteries, de têtes de haches, de meules et d'ossements d'animaux». Si «la taille uniforme des brisures laisse penser que les objets étaient détruits de façon rituelle», la nature véritable de ces rites n'est «pas extrêmement claire».

     

    La géographie du lieu «semble liée à la course du Soleil dans le ciel au cours de l'année» comme à Stonehenge, mais alors que «le célèbre site britannique est orienté de façon à voir le Soleil se lever le jour du solstice d'été», les ouvertures du site de Pömmelte marquent «des dates médianes entre les équinoxes et les solstices» qui devaient être «dans ces sociétés agraires» vraisemblablement des moments importants «qui devaient rythmer les cultures et les récoltes».

     

    Le site «a pu être le théâtre de sacrifices humains», car «les corps démembrés de 10 femmes et enfants, dont quatre présentent de sévères traumatismes crâniens et des côtes brisées, ont notamment été mis au jour». En fait, «la nature sacrificielle de ces morts est difficile à établir, avec certitude, mais les dépouilles semblent avoir été jetées sans précautions particulières» et l'absence de corps d'homme parmi ces victimes «ne semble par être un hasard».

     

    Par ailleurs, «treize autres corps, uniquement des hommes cette fois-ci, ont été retrouvés à l'est du site». Comme ils ont été «enterrés avec beaucoup de précaution, la tête tournée vers l'est, comme pour pouvoir assister au lever du Soleil», les archéologues «penchent pour une inhumation symbolique de personnages importants» bien qu'ils ne soient accompagnés d'aucun artefact.

     

    Ce site «semble avoir été utilisé pendant près de 300 ans, jusqu'à - 2050 avant J.-C. avant d'être minutieusement démantelé», car «les trous dans lequel les poteaux étaient enfoncés ont par exemple été remplis de cendres, probablement celle des poteaux eux-mêmes qui auraient été brûlés selon un rituel mystérieux».

     

    Au bout du compte, cette étude éclaire «d'un jour nouveau les autres sites similaires, mais bien plus petits, découverts dans le reste de l'Europe continentale» de sorte que «leur nature rituelle ne semble plus faire beaucoup de doutes, confirmant que Stonhenge n'était vraisemblablement pas un cas isolé».

     

    Lien externe complémentaire (source Wikipedia)

    (*) Sanctuaire circulaire de Pömmelte

     

     


    votre commentaire
  •  

    Une étude, dont les résultats intitulés «A nearly complete foot from Dikika, Ethiopia and its implications for the ontogeny and function of Australopithecus afarensis» ont été publiés dans la revue Science Advances, a permis de montrer, grâce à l'examen minutieux d'un fossile de petit pied, découvert en 2002 dans la région de Dikika en Éthiopie, que les jeunes Australopithecus afarensis avaient une aptitude à grimper dans les arbres pour se mettre à l'abri.

     

    Indiquons tout d'abord que le petit pied en question faisait partie «d'un squelette presque complet datant de 3,3 millions d'années, qui appartient à une petite fille Australopithecus afarensis», morte à deux ans et demi. Cette petite fille, qui a été dénommée Selam, «ce qui signifie 'paix'», a été trouvée dans la même région que Lucy qui était de la même espèce. Notons ici que la presse a parfois surnommée Selam, «aussi connue sous son nom de code DIK-1-1», 'le bébé de Lucy', «ce qui est une erreur car Selam a dû vivre plus de 100.000 ans avant Lucy».

     

    L'étude ici présentée a examiné le pied gauche de Selam, qui «a été trouvé à environ un mètre du crâne». Ce pied, «de la taille d'un pouce» (il mesure «entre 5 et 6 cm»), est «quasiment complet», puisqu'il «possède tous les tarses, les bases des cinq métatarses et une partie des métatarses»: en fait, c'est «le pied le plus complet d'un ancien juvénile jamais découvert». D'ailleurs, jusqu'ici, «l'un des pieds fossiles les plus complets était celui du fossile OH 8 (Olduvai Hominid 8), un Homo habilis, datant de 1,8 million d'années».

     

    De manière générale, «l'australopithèque pouvait bien marcher sur ses deux jambes, ce qui est un atout pour échapper aux prédateurs». Ainsi, l'étude fait apparaître que «les jeunes Australopithecus afarensis avaient déjà beaucoup de caractéristiques de la bipédie présentes également chez les adultes».

     

    Cependant, le fossile de Selam, qui avait une cheville «typiquement humaine», indique aussi qu'à deux ans et demi, si elle «marchait déjà sur ses deux jambes», elle «devait aussi passer du temps dans les arbres ou accrochée à sa mère», car «la structure du squelette du petit pied montre qu'elle avait un orteil plus mobile, ce qui lui permettait de s'agripper à des branches et d'escalader» («son gros orteil avait quelque chose de proche de celui des singes»). Cette aptitude «pouvait aider les plus jeunes, plus vulnérables» à se mettre à l'abri.

     

     


    votre commentaire
  •  

    Une étude, dont les résultats intitulés «Consequences of Giant Impacts on Early Uranus for Rotation, Internal Structure, Debris, and Atmospheric Erosion» sont publiés dans la revue The Astrophysical Journal, renforce l'hypothèse qu'un impacteur géant serait à l'origine du basculement de la planète Uranus.

     

    Rappelons tout d'abord que «Uranus est une étrange exception dans le Système solaire» puisqu'elle est «complètement couchée», alors «que les sept autres planètes (Mercure, Vénus, la Terre, Mars, JupiterSaturne et Neptune) ne sont que très légèrement penchées»: plus précisément, son axe de rotation forme «un angle de 98° avec le plan de l'écliptique dans lequel orbitent les planètes».

     

    Pour expliquer ce basculement, plusieurs hypothèses ont été avancées, «comme celle d'une lune géante qui aurait peu à peu fait pencher la planète avant d'être éjectée lors d'un rapprochement avec Saturne» ou celle d'un impacteur géant. Aujourd'hui, l'étude ici présentée, grâce à des «simulations numériques d'une résolution très fine», confère plus de crédibilité à l'hypothèse de l'impacteur géant.

     

    En effet, l'examen de plus de 50 scénarios d'impacts indique que «le plus probable serait qu'Uranus ait été victime d'une collision cataclysmique dans sa jeunesse avec un objet deux fois plus massif que la Terre, si ce n'est plus, la frappant sur le côté et déclenchant les événements qui ont permis de façonner la planète telle que nous la voyons aujourd'hui»: l'impact «se serait produit il y a plus de 4 milliards d'années» et «n'aurait pas débarrassé la planète de son atmosphère».

     

    De plus, «une partie des lunes d'Uranus ainsi que ses anneaux auraient pu se former à partir des débris, dans le plan équatorial de la planète, là où ils se trouvent encore aujourd'hui» tandis que «les lunes préexistantes auraient elles aussi pu être déstabilisées par l'impact pour rejoindre ces orbites».

     

    Par ailleurs, comme «contrairement aux autres géantes gazeusesUranus n'émet pas plus de chaleur qu'elle n'en reçoit du Soleil» dans un contexte où la chaleur considérable emmagasinée au moment de la formation des planètes doit continuer à se dissiper aujourd'hui, il se pourrait que «les couches de matières denses situées en profondeur» gênent la circulation de la chaleur vers l'extérieur, «mais on ne sait pas à quelle profondeur exactement». Bien que les modélisations ne permettent pas de l'établir, l'étude suggère «que la matière provenant de la dislocation de l'impacteur pourrait en être à l'origine».

     

    Enfin, l'impacteur pourrait «avoir créé des 'grumeaux' à l'intérieur de la planète gazeuse, ce qui permettrait d'expliquer le champ magnétique penché et décentré de la planète», dont on peine «à expliquer la géométrie curieuse».

     

     


    votre commentaire
  •  

    Une étude, dont les résultats intitulés «Embryos and embryonic stem cells from the white rhinoceros» ont été publiés dans la revue Nature Communications, a permis de créer in vitro des embryons hybrides de rhinocéros blanc du Nord (*). Cette opération, «une première», pourrait permettre à terme le développement d’un bébé-éprouvette de cette espèce quasi-éteinte, puisque, après la mort en mars dernier de Sudan, dernier mâle rhinocéros blanc du Nord, seules deux femelles de l’espèce sont encore en vie: «Najin et Fatu, fille et petite-fille de Sudan», qui, cependant, «ne sont pas en mesure de porter un bébé».

     

    Soulignons d'abord que «la disparition des derniers rhinocéros blancs du Nord est due au braconnage». Dans ce contexte, le projet à la base de l'étude ici présentée est de faire appel à «la procréation scientifiquement assistée» pour tenter de perpétuer l’espèce. Concrètement, dans le cadre de l'étude, «du sperme congelé venant de rhinocéros blancs du Nord et du Sud» a été utilisé «pour féconder 80 ovocytes de femelles vivant dans des zoos européens».

     

    Au bout du compte, «sept embryons ont été créés» et «trois d’entre eux ont été congelés puis inséminés dans une des femelles» en vue d'obtenir «d’ici trois ans la naissance du premier petit rhinocéros blanc du Nord». En fait, la naissance doit surtout «survenir avant la disparition de Najin et Fatu», qui sont les seules à «pouvoir apprendre la vie sociale à un rhinocéros blanc du Nord».

     

    Désormais, l'objectif est de «prélever les ovocytes des deux femelles du Nord afin d’obtenir un embryon non-hybride», mais il semble tout de même assez improbable «qu’une population viable de rhinocéros blancs du Nord soit restaurée».

     

     

    Lien externe complémentaire (source Wikipedia)

    (*) Rhinocéros blanc du Nord

     

     


    votre commentaire