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    Une étude, dont les résultats intitulés «Six centuries of geomagnetic intensity variations recorded by royal Judean stamped jar handles» ont été publiés dans la revue PNAS, laisse penser, grâce aux champs magnétiques fossilisés enregistrés dans des jarres en terre cuite trouvées en Judée qui ont été fabriquées entre le VIIIe et le IIe siècle avant Jésus-Christ, que la baisse constante constatée depuis presque 200 ans du champ magnétique terrestre pourrait n'être qu'une simple fluctuation autour d'une valeur moyenne n'indiquant aucune évolution «en direction d'une inversion magnétique».

     

    Rappelons tout d'abord que «le phénomène de rémanence thermomagnétique avec des argiles est bien connu depuis la fin du XIXe siècle où il avait été découvert dans des poteries datant de l'antiquité». En effet, «les argiles se comportent comme un matériau ferromagnétique» et peuvent «s'aimanter spontanément en suivant l'orientation du champ magnétique dans lequel elles sont plongées» en se refroidissant sous leur température de Curie (point de Curie), après avoir été chauffées au-delà (c'est même «en étudiant le champ magnétique fossilisé dans une couche d'argile au contact d'une coulée de lave et située près du hameau de Pont-Farin que le physicien français Bernard Brunhes a fait la découverte des inversions du champ magnétique de la Terre en 1905»).

     

    Pour sa part, l'étude ici présentée a soumis «aux méthodes de mesures de la science du paléomagnétisme», un ensemble de «67 anses de poteries en terre cuite fabriquées dans la région autour de Jérusalem pendant environ six siècles».

     

    Comme elles portent des sceaux royaux indiquant précisément «à quelle période de l'histoire de la Judée durant l'antiquité gréco-romaine elles ont été fabriquées», il a été possible de «retracer l'évolution de l'intensité du champ magnétique local à défaut de son orientation (avec des roches restées en place, on peut avoir accès à cette information)». Il est ainsi apparu que «le champ magnétique terrestre semble avoir subi une brusque augmentation au VIIIe siècle avant Jésus-Christ avant de perdre 27 % de son intensité en quelques décennies».

     

    En outre, il a été constaté que, «pendant les six siècles où l'on dispose maintenant d'enregistrements magnétiques fiables», ce champ magnétique a fluctué en intensité avec des valeurs telles qu'il suggère «que la baisse constante constatée depuis presque 200 ans» ne pourrait être «qu'une simple fluctuation autour d'une valeur moyenne» n'impliquant «aucune évolution actuelle en direction d'une inversion magnétique».

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «Localized aliphatic organic material on the surface of Ceres» ont été publiés dans la revue Science, rapporte la détection, pour la première fois, de la présence localisée sur Cérès de molécules organiques, «apparentées à des huiles, des cires ou des bitumes, durcies par les températures glaciales de l’ordre de – 100 °C», dont les composants n'ont cependant «pas été identifiés exactement».

     

    Rappelons tout d'abord que Cérès, est une planète naine d'un diamètre de 950 kilomètres, orbitant «à environ 370 millions de kilomètres du Soleil» qui représente «le tiers de la masse de la ceinture d’astéroïdes». L'étude ici présentée a mis en évidence l'existence de longues chaines de carbone «dans une zone de 1 000 kilomètres carrés environ, près d’un cratère de l’hémisphère nord».

     

    Cette détection, effectuée grâce à la sonde Dawn de la NASA, «n’est pas une totale surprise car, à l’aide de télescopes terrestres, de telles signatures chimiques avaient été repérées sur les astéroïdes Cybèle et Thémis». En fait, la surprise était plutôt qu'au début aucune trace n'avait été repérée. Finalement, la matière organique recherchée a été trouvée dans des proportions «plus grandes qu’attendues» («environ 10 % en volume»). Elle est, cependant, «différente de celle trouvée sur des météorites primitives; différente aussi de celle trouvée sur la comète 67P».

     

    Selon cette étude, «ces chaînes carbonées ont été fabriquées sur place et n’ont pas été apportées par les nombreux bombardements subis par l’astre», car «ces derniers auraient détruit ces fragiles édifices chimiques». D'ailleurs, «la présence de carbonates, d’ammoniac, de silicates, d’argile et surtout d’eau permet d’élaborer ce type de matière in situ, même si les détails de la recette sont encore inconnus».

     

    En fin de compte, «la taille de Cérès et la combinaison d’eau, de matière organique et peut-être d’eau souterraine» mettent désormais la planète naine «sur la liste des objets pouvant contenir des formes de vie primitive».

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «Unexpected Early Triassic marine ecosystem and the rise of the Modern evolutionary fauna» ont été publiés dans la revue Science Advances, a permis, grâce à un nouveau gisement paléontologique situé près de la ville de Paris dans l’Idaho (États-Unis) de lever le voile sur une diversité d’êtres vivants aussi spectaculaire qu'inattendue moins de 1,5 million d’années après la crise Permien-Trias (PT) il y a 252 millions d’années, la plus grande extinction décrite à ce jour, déclenchée manifestement «par d’immenses éruptions volcaniques localisées en Sibérie».

     

    Rappelons tout d'abord qu'on considère habituellement que les cinq premiers millions d’années suivant cette crise, qui rayé de la carte «90 % des espèces alors existantes», furent caractérisés «par une biodiversité extrêmement faible. En fait, durant «les 5 millions d’années qui suivirent cette extinction de masse, soit la totalité du Trias inférieur», la biosphère est restée «très fortement perturbée, tant sur le plan physico-chimique (perturbations majeures des principaux cycles géochimiques globaux) que biologique, avec au moins trois autres phases d’extinctions consécutives à la crise PT».

     

    Classiquement, la forte instabilité environnementale mise en évidence «est considérée comme la cause directe de la très faible biodiversité enregistrée durant tout le Trias inférieur, définissant ainsi une longue période de survie post-crise suivie d’une lente rediversification des espèces à partir du Trias moyen».

     

    Pour sa part, l'étude ici présentée qui dévoile le contenu d’un nouveau site paléontologique daté de moins de 1,5 million d’années après la crise PT : le gisement de Paris Canyon», conduit à revoir la description précédente.

     

    En effet, ce contenu est spectaculaire «car les fossiles exceptionnels de Paris Canyon montrent encore certaines structures originellement peu (ou pas) minéralisées, apportant ainsi des informations d’ordinaire inaccessibles aux paléontologues».

     

    Ce contenu est aussi inattendue du fait que «de telles conditions de fossilisations révèlent une impressionnante biodiversité animale, incluant des éponges, des brachiopodes, des mollusques, des arthropodes, des échinodermes et des vertébrés, tous ces organismes ayant coexisté dans le même écosystème».

     

    Parmi la trentaine d’espèces identifiées à ce jour, une éponge et un mollusque attirent plus particulièrement l’attention. Comme «la plupart des éponges retrouvées à Paris Canyon appartiennent à un groupe très primitif aujourd’hui disparu, les leptomitides, groupe jusqu’à présent connu uniquement au début de l’ère primaire (Cambrien et Ordovicien, entre 520 et 460 millions d’années), soit plus de 200 millions d’années plus tôt», elles constituent «un cas remarquable de 'taxon Lazare' (un groupe que l’on croyait disparu à tort, du seul fait d’un enregistrement paléontologique déficient)».

     

    Par contre, «une des nombreuses espèces de mollusques retrouvées à Paris Canyon est apparentée au groupe des calmars (céphalopodes coléoïdes possédant un gladius), des animaux que l’on pensait jusqu’à présent apparus au début du Jurassique, soit 50 millions d’années plus tard».

     

    En fin de compte, «les fossiles de Paris Canyon illustrent une biodiversité plus grande et un écosystème marin bien plus complexe que ceux décrits jusqu’à présent pour le Trias inférieur». Ils font en tout cas de cette période, à la frontière entre deux mondes, «une période charnière de l’histoire de la vie sur Terre».

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «Brain–Computer Interface–Based Communication in the Completely Locked-In State» ont été publiés dans la revue PLOS Biology, a permis d'élaborer une technique originale pour communiquer avec des patients atteints d'un 'locked-in syndrome' complet, qui les empêche de bouger même un seul élément de leur corps.

     

    Plus précisément, «la communication a été établie avec quatre patients atteints d'un 'locked-in syndrome' complet, découlant de la maladie de Charcot, ou sclérose latérale amyotrophique (SLA)» («cette pathologie paralyse peu à peu tous les muscles, au point d'arriver dans certains cas au stade ultime : se retrouver totalement prisonnier de son corps, et ne respirer que grâce à une machine»).

     

    Pour établir cette communication, les patients ont été «équipés de casques comportant de nombreux capteurs». Certains capteurs mesurent «les niveaux d'oxygène dans le cerveau, à l'aide d'une technique appelée NIRS (de l’anglais "Near-InfraRed Spectroscopy", spectroscopie proche infrarouge)», tandis que d'autres «mesurent l'activité électrique du cerveau, par électroencéphalographie (EEG)».

     

    La technique NIRS servait «à discriminer les réponses (oui/non)», alors que l'EEG était testé dans ce contexte «comme possible outil de mesure de l’état de vigilance du patient». Bien que la NIRS soit habituellement très peu utilisée pour ce type d'expériences, «car elle est jugée moins efficace que l'EEG», cette étude suggère «qu'elle permet en fait une meilleure discrimination entre le 'oui' et le 'non'».

     

    Comme la difficulté était de «poser des questions personnelles aux patients» il a fallu d'abord «un travail de "préparation" de l'interface cerveau-machine» 'long et fastidieux' impliquant «une phase de 'data mining'» pour 'former' le logiciel «à la détection de la réponse, en posant une multitude de questions fermées aux patients» («des questions fermées, dont on connait déjà la réponse, telle que "Paris est-elle la capitale de la France ?"»). C'était le seul moyen pour que la machine apprenne à différencier le signal généré par un 'oui' et celui généré par un 'non'» (les questions ont été posées «à la fois sous forme affirmative et négative, pour vérifier la consistance des réponses décodées»).

     

    Ici, donc, «le signal émis a fonctionné lorsque les patients ont imaginé dire 'oui' ou 'non', ce qui est plus simple et naturel que beaucoup d'autres expériences dans lesquelles on propose aux patients un code de communication parfois complexe, tel que : imaginer être en train de jouer au tennis pour le 'oui', imaginer entrer dans une maison pour dire 'non'». Cette technique a permis de «décoder les réponses dans 70 % des cas pour trois des quatre patients».

     

    A la suite de cette phase d'initiation, des questions plus personnelles, sur le bien-être des patients notamment, ont été posées: «de manière étonnante, les patients ont répondu 'oui' sur une période de plusieurs semaines à des phrases comme 'j'aime la vie' et 'je suis rarement triste'. Cette étude confirme ainsi des études précédentes qui «ont établi un constat similaire chez des patients atteints de SLA et atteints d'un 'lock-in syndrome' (mais pas total)». En fin de compte, cette technique semble marquer la fin du 'lock-in syndrome' complet, « si elle est validée à l'avenir par d'autres équipes de recherche».

     

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «Live birth in an archosauromorph reptile» ont été publiés dans la revue Nature Communications, révèle la découverte d'un petit embryon lové dans le ventre d'un Dinocephalosaurus fossilisé, un «animal aquatique de plus de 2 mètres découvert dans le sud de la Chine», qui «appartient à la famille des archosaures, comme les dinosaures, les oiseaux et les crocodiliens.

     

    Comme les archosaures «jusqu'à preuve du contraire, ne sont pas des espèces gestantes mais pondent (ou pondaient pour les dinosaures) des œufs», cette trouvaille est surprenante. Pourtant l'examen du Dinocephalosaurus en question, «vieux de 245 millions d'années», qui possède «un cou deux fois plus long que son corps», conduit l'étude ici présentée à conclure «qu'il s'agit bien d'un embryon» représentant «environ 12% de la taille de sa mère» et «pas des restes du dernier repas de la femelle».

     

    Les preuves sont, d'une part, que «l'embryon est tourné vers l'avant» alors que «les prédateurs avalent plutôt leur proie en commençant par la tête 'pour l'aider à descendre'» et, d'autre part, que «le fœtus est dans une position 'typique des embryons de vertébrés', le dos est courbé et la tête est inclinée».

     

    En conséquence, «cette découverte modifie notre compréhension de l'évolution des systèmes reproducteurs», car, jusqu'ici, «on pensait que tous les animaux de cette lignée étaient ovipares, qu'il s'agissait d'une contrainte biologique touchant cette lignée».

     

    Il en résulte également qu'on «peut maintenant affirmer que le sexe d'un bébé Dinocephalosaurus est déterminé au niveau génétique», alors que «chez ses plus proches parents vivants aujourd'hui, les tortues et les crocodiliens, le sexe de la progéniture est déterminé par la température d'incubation des œufs» («au-delà d'une certaine température, l'animal devient un mâle plutôt qu'une femelle, ou inversement»).

     

     


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