• Zoologie: des yeux parsemés sur la coquille du chiton permettent à ce mollusque d’appréhender son environnement pour réagir à l’approche d’un prédateur!____¤201511

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «Multifunctionality of chiton biomineralized armor with an integrated visual system» ont été publiés dans la revue Science, a permis de confirmer que, sur la coquille du chiton, des yeux sont parsemés qui permettent à ce mollusque d’appréhender son environnement pour réagir à l’approche d’un prédateur.

     

    Indiquons tout d'abord que le chiton appartient à «la famille des polycaphores qui se caractérise par une coquille composée de sept à huit plaques articulées» et que c'est «le seul mollusque à posséder des tissus organiques vivants sur la surface la plus externe de sa coquille» qui forment «de petites protubérances appelées aesthètes» dont la fonction «pour partie encore mystérieuse» était depuis longtemps soupçonnée d'être reliée à un système de vision.

     

    Dans ce contexte, l'étude ici présentée a analysé en détail la coquille d’Acanthopleura granulata, le chiton crépu, qui «est marquée par la présence de mégalaesthètes (dont le rôle est méconnu mais qui semblent sensibles à la lumière) et de centaines de structures plus petites qui sont apparentées à des yeux simples».

     

    En fait, «il s’agit de lentilles microscopiques mais contrairement à celles qui équipent les yeux de la majorité du règne animal (y compris le cristallin de l’œil humain) et qui sont composées de molécules organiques, celles du chiton sont faites d’aragonite, la même matière qui forme sa coquille».

     

    Comme au départ on pouvait  douter que ces lentilles, du fait de leur petitesse, «puissent suffire pour résoudre une image», l'étude a «d’abord confirmé que le chiton crépu réagissait bien aux signaux visuels»: en effet, «à l’approche d’un prédateur, il s’ancre fortement à son support ce qui le rend quasiment impossible à décrocher».

     

    Ensuite, ces yeux ont été étudiés «en microscopie électronique haute résolution, aux rayons X et en les modélisant». Il est ainsi apparu que «chaque œil est formé d’une lentille oblongue composée de gros cristaux d’aragonite qui laisse passer la lumière sans pratiquement la filtrer» et que «sous la lentille, il existe une sorte de rétine: une couche d’une centaine de cellules photosensibles reliées aux nerfs des chitons».

     

    En outre des tests, effectués dans l’eau sur une lentille prélevée, ont révélé qu'elle forme une image étonnamment claire. Cependant, comme les lentilles sont très espacées, «l’image composite qui en résulte doit être très pixellisée», mais suffisante, selon les modélisations, pour «détecter un prédateur d’une vingtaine de centimètres qui apparaît comme une ombre à deux mètres de distance».

     

    Enfin, il semble que la taille de ces lentilles soit issue d'un compromis, car, si «avec une lentille à peine un peu plus grosse, les yeux des chitons permettraient une vision beaucoup plus nette», les mesures ont indiqué «que plus l’œil est gros, moins la coquille est résistante autour».

     

     

     


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