• Zoologie: les risques de mourir au cours de la vie peuvent fortement différer entre des individus d'une même espèce!____¤201510

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «Within-species variation in long-term trajectories of growth, fecundity and mortality in the Collembola Folsomia candida» ont été publiés dans la revue Journal of Evolutionary Biology, a permis de démontrer, sur des collemboles, que les risques de mourir au cours de la vie peuvent fortement différer entre des individus d'une même espèce et que le fait de retarder le vieillissement d'un individu, ne s'accompagne pas forcément d'une augmentation de son espérance de vie.

     

    Le vieillissement, appelé également sénescence, «se manifeste par l’augmentation, avec l’âge, de la probabilité de mourir» de sorte que, par exemple, en France, «le risque de mourir double en moyenne tous les 9 ans» («une personne âgée de 80 ans a 45 fois plus de 'chances' de mourir pendant l’année qu’une personne de 40 ans, et plus de 600 fois plus qu’un enfant de 10 ans»).

     

    De plus, il a été aussi mis en évidence «que l’âge à partir duquel la mortalité commence à augmenter et sa vitesse d’augmentation varient fortement entre les espèces»: ainsi, «les chimpanzés commencent à vieillir plus tôt que les Hommes mais relativement plus lentement».

     

    Dans ce contexte, l'étude ici présentée a travaillé avec une espèce de Collembole afin d’observer, «au sein d’une seule et même espèce», comment la mortalité varie au cours de la vie en fonction des individus, car «ce petit insecte du sol a la particularité de pouvoir se cloner naturellement» ce qui rend possible la comparaison «des milliers de copies clonales provenant de deux individus génétiquement différents».

     

    Plus précisément, «en les élevant dans un environnement semblable, les scientifiques ont pu, en quelque sorte, faire vivre des milliers de fois la même vie aux deux individus», ce qui «a permis de mesurer des milliers de fois l’âge de leur mort pour pouvoir déterminer précisément leur trajectoire de mortalité».

     

    Les différences marquées, qui sont alors apparues entre les individus «sur leur espérance de vie, leur mortalité quand ils sont jeunes, l’âge à partir duquel ils commencent à vieillir ou encore la vitesse à laquelle ils vieillissent» révèlent que «des individus d’une même espèce peuvent vieillir de manière fondamentalement différente».

     

    Cependant, il est difficile d'étendre ces conclusions à notre espèce, car, d'une part, «l’incapacité de l’être humain à se cloner, rend impossible la mesure du taux de mortalité d’un individu en particulier...» et, d'autre part, il faudrait prendre en compte «les différences d’environnement, d’habitats ou encore de mode de vie».

     

    En tout cas, «si les collemboles avaient la même espérance de vie que les Hommes en France», on pourrait dire «que le vieillissement pourrait démarrer vers 20 ans pour certains individus et après 100 ans pour d’autres ou aller deux fois plus vite chez certaines personnes». Cette étude met ainsi en lumière «que l’utilisation d’indicateurs démographiques simples tels que l’espérance de vie ne dit que peu de choses sur le processus de vieillissement et son évolution».

     

     

     


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