• Zoologie: pour se nourrir, le puceron a développé un mécanisme inhibant les défenses immunitaires de la plante hôte en détournant l'un de ses propres mécanismes de défense!____¤201506

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «A Secreted MIF Cytokine Enables Aphid Feeding and Represses Plant Immune Responses» ont été publiés dans la revue Current Biology, a permis de révéler que, pour se nourrir, le puceron a développé un mécanisme inhibant les défenses immunitaires de la plante hôte en détournant l'un de ses propres mécanismes de défense.

     

    Rappelons tout d'abord que les pucerons sont des insectes phytophages qui parviennent à prélever la sève des plantes sans être rejeté par leur système immunitaire, ce qui occasionne des «dommages importants dans de nombreuses cultures agricoles».

     

    Dans le cadre de la recherche ici présentée, deux espèces de pucerons différentes ont été étudiées:le puceron du pois (Acyrthosiphon pisum)et le puceron du pêcher (Myzus percicae). Chez ces deux espèces, «la présence de plusieurs molécules MIF (pour facteurs inhibiteurs de la migration des cellules macrophages) dont cinq chez le puceron du pois et trois chez le puceron du pêcher», ont été détectées.

     

    Ces protéines MIF, qui «jouent un rôle important dans la modulation des réponses immunitaires chez les vertébrés» n'avaient encore jamais été décrites chez le puceron. Il a été observé, en particulier, que, parmi ces protéines, la MIF1 «se retrouve dans les glandes salivaires des deux espèces de puceron» (le fait qu'elle soit sécrétée avec la salive, suggère «un rôle dans le processus d’alimentation du puceron»).

     

    Des travaux complémentaires ont fait apparaître «que les pucerons ont besoin de MIF1 pour exploiter une plante», car, d'une part, «une fois libérée dans les tissus de la plante, la protéine inhibe de manière considérable ses réponses immunitaires, empêchant par exemple, l’une des premières réactions de défense contre le parasite, à savoir le renforcement de la paroi végétale par apposition d’un polymère polysaccharidique (la callose)» et que, d'autre part, «les pucerons, chez lesquels l’expression de la protéine MIF1 a été réprimée, ne peuvent plus s’alimenter et enregistrent une forte mortalité».

     

    Soulignons, pour finir, que s'il est connu «que certains parasites d’animaux vertébrés, tels que les nématodes, les tiques et les protozoaires, utilisent des protéines MIF pour moduler la réponse immunitaire de leurs hôtes respectifs», c'est la première fois que l'on prouve «qu’une telle protéine sécrétée par un parasite phytophage peut manipuler la réponse immunitaire d’une plante».

     

     

     


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