• Zoologie: une mouche dotée de gènes disparus depuis 140 millions d'années a été créée en vue d'observer les mutations qui mènent à des changements évolutifs chez l'embryon!____¤201810

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «Ancient mechanisms for the evolution of the bicoid homeodomain's function in fly development» sont publiés dans la revue eLife, a permis de créer une mouche dotée de gènes 'disparus depuis 140 millions d'années' en vue d'observer les mutations qui mènent à des changements évolutifs chez l'embryon.

     

    Indiquons tout d'abord que si on «sait depuis plusieurs années que ce sont les changements de certaines séquences ADN qui sont responsables de l'évolution au sein des espèces ainsi que de la séparation entre deux espèces distinctes», la cause de ces changements «reste encore un mystère».

     

    Plus précisément, de nombreux travaux visent «à identifier le rôle exact de chaque protéine (codant pour les séquences ADN) dans le mécanisme d’évolution, mais les méthodes actuelles restent imparfaites». En effet, d'une part, «simplement remplacer un gène actuel par un gène ancestral» peut «aboutir à des effets différents de ceux exprimés par ces derniers à l'époque en raison du phénomène d'épistasie (*), où l'interaction entre plusieurs gènes masque ou empêche l'expression d'autres facteurs situés à des endroits différents du gène». D'autre part, lors du test de la «fonction d'une protéine en la transférant d'une espèce vers un autre organisme 'modèle'», d'autres gènes «non présents dans l'espèce d'origine peuvent empêcher son expression et donner des résultats négatifs».

     

    Afin de remédier à ce problème, l'étude ici présentée s'est tournée vers une nouvelle approche qui a consisté à «recréer 'l'ancêtre' d'un gène présent chez la drosophile moderne pour en décliner plusieurs versions avec des mutations différentes». Pour cela, «une protéine appelée Bicoid (**) et codant pour le développement antérieur et postérieur du corps de la mouche» a été choisie.

     

    En premier lieu, ont été créés «des embryons non dotés de la fameuse protéine, qui se développent alors sans tête, avec deux queues à chaque extrémité». Ensuite, ont été testées «sur le gène ancestral reconstitué plusieurs mutations de séquences ADN survenues entre cette époque et aujourd'hui pour déterminer lesquelles avaient eu un impact».

     

    Il est alors apparu que deux protéines spécifiques jouent «un rôle majeur dans la formation de la tête de la mouche». Il en découle que ces protéines, «associées aux mutations qu'elles engendrent», sont «celles qui ont conduit à l'évolution vers la mouche moderne (du moins concernant la fonction de la formation du corps)». En fin de compte, il est remarquable «que deux modifications mineures de séquences ADN peuvent redessiner l'ensemble des fonctions du gène».

     

     

    Liens externes complémentaires (source Wikipedia)

    (*) Épistasie

    (**) Bicoïd

     

     

     


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