• Archéologie: l'analyse du tartre dentaire de fossiles d'hommes de Néandertal indique que notre cousin disparu se soignait déjà à 'l'aspirine' il y a 48.000 ans!____¤201703

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «Neanderthal behaviour, diet, and disease inferred from ancient DNA in dental calculus» ont été publiés dans la revue Nature, révèle à partir de l'analyse du tartre dentaire de quatre fossiles d'hommes de Néandertal retrouvés en Belgique (grotte de Spy) et en Espagne (site d'El Sidron), que l'homme de Néandertal, notre cousin disparu, se soignait déjà à 'l'aspirine' il y a 48.000 ans, en mangeant du peuplier qui libère une substance aux propriétés anti-inflammatoires et antalgiques.

     

    Rappelons tout d'abord que la plaque dentaire, qui est un véritable attrape-tout puisqu'elle «capture les micro-organismes de la bouche, les agents pathogènes de l'appareil respiratoire et digestif mais aussi de petits morceaux de nourriture coincés dans les dents», se transforme en tartre «lorsqu'elle se minéralise sur les dents». De ce fait, «l'analyse génétique de l'ADN 'enfermé' dans la plaque dentaire représente une fenêtre unique sur le mode de vie de l'homme de Néandertal».

     

    Les fossiles d'hommes de Néandertal analysés dans le cadre de cette étude «ont entre 42.000 et 50.000 ans». Les renseignements surprenants découlent de l'analyse «du tartre dentaire d'un jeune adulte néandertalien trouvé dans la grotte d'El Sidron (nord-ouest de l'Espagne)» qui «souffrait d'un abcès dentaire encore visible sur sa mâchoire» et qui était aussi «affecté par un parasite intestinal (Enterocytozoon bieneusi) qui provoque des diarrhées sévères».

     

    Il apparaît que ce malade «mangeait du peuplier, dont les bourgeons sont "réputés pour contenir des concentrations élevées d'anti-inflammatoires ou antalgiques, comme notamment la salicine, métabolisée en acide salicylique (aspirine) par notre foie». De plus, «l'ADN de la moisissure Penicillium, qui produit naturellement l'antibiotique pénicilline, est également présent» dans son tartre.

     

    Cette analyse ADN corrobore ainsi «une étude parue en 2012 dans la revue Naturwissenschaften qui évoquait la possibilité que l'homme de Néandertal se soit servi de plantes médicinales comme la camomille ou la millefeuille pour se soigner» en s'appuyant «sur l'analyse chimique du tartre de fossiles de Néandertaliens retrouvés là aussi à El Sidron».

     

    D'autre part, l'étude ici présentée a effectué «le séquençage presque complet d'une bactérie très similaire au Methanobrevibacter oralis, qui provoque des parodontites (l'infection de la gencive et du tissu osseux)». Ce génome, «vieux de 48.000 ans», devient de ce fait le «plus vieux génome microbien à avoir été décrypté».

     

    L'étude illustre enfin «la diversité des régimes alimentaires de l'homme de Néandertal suivant la région où il vivait et le type de nourriture disponible». Alors qu'en Belgique, «les Néandertaliens de la grotte Spy mangeaient du rhinocéros laineux et des mouflons, accompagnés de champignons» (dans ce environnement de steppes, «les gros animaux herbivores représentaient pour eux une source majeure d'aliments»), plus au sud, le régime des hommes de Néandertal du site d'El Sidron (qui «vivaient dans une forêt dense à l'époque») était «largement composé de champignons, de pignons de pin et de mousses, plutôt que de gros gibier». Cela signifie «que la population belge était chasseuse et cueilleuse, alors que la population espagnole était juste cueilleuse».

     

     


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