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    Une étude, dont les résultats intitulés «The structure of terrestrial bodies: Impact heating, corotation limits, and synestias» ont été publiés dans la revue Journal of Geophysical Research: planets, permet d'envisager l'existence de nouveaux objets célestes: ces sortes de "donuts", baptisés synestias («Le terme synestia vient du préfixe syn (ensemble) et du nom de la déesse Hestia, dédiée à l'architecture et aux structures»), qui se forment après la collision de deux planètes rocheuses en rotation de masses similaires, pourraient orbiter dans les jeunes systèmes stellaires.

     

    Plus précisément, en s'entrechoquant violemment ces deux planètes produisent «une importante masse de matière vaporisée qui orbite autour d'un noyau nouvellement formé». Si «personne n'a encore jamais observé de synestias», leur existence découle de calculs théoriques qui prennent «en compte la vitesse de rotation et la taille équivalente des deux corps qui entrent en collision».

     

    Dans le cas «de chocs entre une planète et un astre plus petit», il est établi que «s'il est très peu massif, il sera vaporisé dans l'impact et au-dessus d'une certaine masse, les débris issus de la collision formeront un ou des anneaux temporaires autour de la planète»: en fait, une synestia «serait l'équivalent d'un anneau mais beaucoup plus volumineux». Selon cette étude, «de nombreuses planètes ont du connaître ce stade dans leur jeunesse quand les systèmes stellaires sont encore encombrés de nombreux corps volumineux aux trajectoires complexes».

     

    La Terre «qui a enregistré de nombreux chocs cataclysmiques à ses débuts, pour une courte période de quelques centaines d'années», a pu être elle-même une synestia: «une fois refroidie la synestia terrestre se serait condensée et une partie de la matière serait retombée sur la surface tandis que l'autre restée en orbite aurait formé la Lune». Cette nouvelle théorie de formation de la Lune est «complémentaire de celle, en vogue actuellement, qui suggère que c'est l'impact entre un corps de la taille de Mars appelé Théia et la Terre qui a donné naissance à notre satellite».

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «Social and asocial prefrontal cortex neurons: a new look at social facilitation and the social brain» ont été publiés dans la revue Social Cognitive and Affective Neuroscience, a permis, grâce à des expériences menées chez le singe, de mettre en évidence de nouveaux neurones sociaux, car, lorsque l'animal est amené à réaliser une tâche, des neurones différents s'activent selon la présence ou non d'un congénère. Elle révèle ainsi l'existence, dans le cortex préfrontal, d'une population de 'neurones asociaux' à coté de cette nouvelle population de 'neurones sociaux'.



    Rappelons tout d'abord que «la plupart des aires cérébrales sont associées à des tâches spécifiques». Certaines de ces aires, qui sont «connues pour être spécialisées dans le traitement de l'aspect social des informations», constituent «le cerveau social».

     

    L'expérience mise en œuvre dans cette étude a consisté à proposer «à des singes une tâche durant laquelle ils devaient associer une image (présentée sur un écran) à l'une des quatre cibles qui leur étaient également présentées (aux quatre coins de l'écran)». Soulignons que «cette tâche associative implique le cortex pré-frontal mais pas les aires cérébrales dites sociales».

     

    Dans le cadre de cette expérience, «l'activité électrique de neurones dans cette région cérébrale pendant que les singes réalisaient la tâche demandée en présence ou en l'absence d'un congénère» a été enregistrée de manière quotidienne. Il est alors apparu que, «bien que les neurones enregistrés dans le cortex préfrontal soient avant tout impliqués dans la réalisation de la tâche visuo-motrice», la plupart de ces neurones «se montrent sensibles à la présence ou l'absence du congénère».

     

    Plus précisément, «certains neurones ne s'activent fortement sur la tâche proposée que lorsque le congénère est présent (d'où leur nom de 'neurones sociaux') alors que d'autres ne s'activent fortement qu'en l'absence du congénère ('neurones asociaux'). En outre, «plus les neurones sociaux s'activent en présence du congénère, plus le singe réussit la tâche proposée» (ces neurones sociaux «sont donc à la base de la facilitation sociale»).

     

    Il a été également montré que «plus les neurones asociaux s'activent en l'absence du congénère, plus le singe réussit la tâche proposée (cependant moins bien qu'en condition de présence du congénère et donc d'activation des neurones sociaux)» et «que si les neurones sociaux s'activent en l'absence du congénère ou si les neurones asociaux s'activent en sa présence (deux cas beaucoup plus rares), la performance du singe diminue».



    Ces travaux qui «révèlent l'importance du contexte social dans le fonctionnement de l'activité neuronale et ses conséquences comportementales» («pour une même tâche, le cerveau n'utilise pas nécessairement les mêmes neurones selon la présence ou non d'un congénère»), conduisent à «repenser le cerveau social ainsi que certains troubles du comportement caractéristiques de l'autisme ou de la schizophrénie».

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «The origin and degassing history of the Earth's atmosphere revealed by Archean xenon» ont été publiés dans la revue Nature Communications, a permis, grâce à l'analyse de roches très anciennes (Archéen), de renforcer l'hypothèse d'une origine cométaire de l'atmosphère terrestre.

     

    Notons tout d'abord que lorsque la future Terre s'est formée par accrétion, «elle n'a pu retenir les éléments les plus volatils, notamment les gaz rares comme le xénon. De ce fait, leur présence au sein de la planète provient de «dotations tardives, venues de l'espace»: ainsi, «le Soleil et les météorites ont pu contribuer à enrichir en gaz rares le manteau de la jeune Terre en formation».

     

    Dans ce contexte, l'étude ici présentée a regardé «par la fenêtre de minuscules bulles d'eau piégées dans des quartz trouvés dans des forages en Afrique du Sud» dans la région de Barberton, datant de 3,3 milliards d'années, afin d'analyser la composition isotopique du xénon qui devait «permettre, comme une empreinte digitale, de retrouver la source» de ce gaz.

     

    Il y a, en réalité, un 'paradoxe du xénon': «la Terre a trop de versions lourdes de cet élément, comparativement au 'Q-Xe' (le chondritique, donc celui des astéroïdes) et le 'SW-Xe' (celui du vent solaire)», ce qui amène «à postuler un mystérieux 'U-Xe' (peut-être pour unknown, inconnu), purement théorique».

     

    Il est alors apparu que la quantité et l'abondance isotopique du xénon, mesurées «avec une précision inégalée» dans l'air du Mésoarchéen, montrent «que la source de xénon correspond bien à ce U-Xe théorique» et qu'en conséquence, «les comètes ont pu assurer cet apport lors de la fin de l'accrétion».

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «Genome-wide association meta-analysis of 78,308 individuals identifies new loci and genes influencing human intelligence» ont été publiés dans la revue Nature Genetics, rapporte que quarante nouveaux gènes associés à l'intelligence ont été identifiés.

     

    Plus précisément, cette étude, «la plus vaste menée jusqu'à maintenant sur le sujet», a examiné le lien entre le génome et les résultats à des tests d´intelligence de «plus de 78.000 individus de souche européenne, adultes et enfants». Elle a ainsi permis de débusquer «52 gènes associés au QI dont 40 jusqu'ici inconnus».

     

    Pour la plupart, «ces gènes ont une fonction dans le cerveau et plus particulièrement dans la régulation du développement cellulaire». Il en découle «pour la première fois des indices clairs sur les mécanismes biologiques sous-jacents de l'intelligence».

     

    De plus, il apparaît que les variations de ces gènes sont «en lien avec d'autres traits, tels que la réussite scolaire, la maladie d'Alzheimer, la schizophrénie, les symptômes dépressifs, la taille ou encore l'autisme»: ainsi, «une variante associée à une augmentation de l'intelligence est également associée à un risque accru du trouble du spectre autistique» tandis qu'une autre «peut être reliée à une diminution de l'indice de masse corporelle» et une troisième «à un risque réduit de schizophrénie».

     

    Ce travail doit être poursuivi afin d'identifier «la totalité des gènes qui prennent part à l'intelligence»: le nombre de ces gènes pourraient être entre 800 et 1.200.

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés «Explosive eruption, flank collapse and megatsunami at Tenerife ca. 170 ka» ont été publiés dans la revue Nature Communications, a permis, grâce à l'analyse des traces géologiques d’un tsunami à Tenerife de proposer un scénario original de glissement de flanc rétrogressif associé à une éruption volcanique majeure de style explosif.

     

    Notons tout d'abord, que «les volcans boucliers* océaniques subissent régulièrement des phases de destruction massive de leurs flancs, impliquant des volumes de plusieurs dizaines voire centaines de km³» et que «ces gigantesques glissements de terrain représentent potentiellement un risque de faible fréquence mais de forte magnitude, notamment du fait des tsunamis qu’ils peuvent engendrer».

     

    Rappelons à ce propos que «les tsunamis sont des agents de transport particulièrement puissants» impliquant «des transferts sédimentaires importants entre la plateforme péri-continentale et les milieux côtiers (jusqu’à plusieurs kilomètres à l’intérieur des terres dans le cas de tsunamis majeurs tels que ceux de Sumatra en 2004 et du Japon en 2011)».

     

    Comme «les dépôts de sable, boue et blocs laissés à terre par un tsunami sont parfois préservés dans les archives sédimentaires, devenant ainsi leur trace géologique», les sédimentologues peuvent tirer profit de ces dépôts pour dater et reconstituer les tsunamis du passé.

     

    Alors que jusqu'à présent, «les facteurs de déclenchement et les processus physiques» contrôlant les glissements à l'origine de ces tsunamis sont peu contraints, «du fait de l’absence d’observations historiques et de données instrumentales», l'étude ici présentée, réalisée «dans le cadre du projet européen ASTARTE (Assessment, STrategy And Risk reduction for Tsunamis in Europe - FP7 ENV.2013.6.4-3)», a analysé «la répartition spatiale, la structure et la composition de dépôts de tsunami sur la côte nord-ouest de l’île de Tenerife».

     

    Il est ainsi apparu que «deux tsunamis se succédant dans un laps de temps très court il y a environ 170 milliers d’années». Plus précisément, les deux dépôts de tsunami sont constitués «de conglomérats chaotiques où se mélangent divers types de roches volcaniques et de fossiles marins (coquilles de bivalves, gastropodes, fragments de coraux, foraminifères) voire continentaux (os de lézards, gastropodes)»: la faune marine, exceptionnellement riche et de composition inhabituelle, «reflète un mélange d’environnements différents allant du supra-littoral au bathyal».

     

    Concrètement, «les traces du premier tsunami ont pu être retrouvées jusqu’à une altitude de 50 m sur la pointe nord-ouest de Tenerife, tandis que les dépôts du second tsunami atteignent localement une altitude de 132 m». Le deuxième tsunami se différencie aussi du premier par «la présence de nombreuses ponces phonolitiques, associées notamment à des obsidiennes et des syénites».

     

    Comme le substratum local est «exclusivement basaltique (coulées datées à 194 ka et 178 ka, sous les dépôts de tsunami)», il en résulte que «ces roches proviennent du volcanisme différencié de l’édifice central Las Cañadas (proche de l’actuel volcan Teide), situé à plus de 20 km des dépôts de tsunami».

     

    Il a été déterminé que «la composition des ponces en éléments majeurs et traces est similaire à celles des phonolites du cycle éruptif Diego Hernandez III (DH III), s’achevant par l’éruption plinienne d’El Abrigo (180-170 ka) et l’éviscération quasi-totale du système magmatique superficiel (1-2 km sous le niveau de la mer)».

     

    En fait, «les produits du cycle DH III se distinguent notamment par leurs rapports Si/Al et Nb/Zr plus élevés que les cycles éruptifs précédents (DH I et DH II)» et «les produits de l’ignimbrite finale émise lors de l’éruption d’El Abrigo», absents du premier dépôt de tsunami», ont «été incorporés au second tsunami».

     

    Grâce à ces éléments, «le scénario complexe qui a vu la destruction massive du flanc nord de Tenerife et la formation de la caldera de Las Cañadas il y a 170 milliers d’années» a pu être élucidé pour la première fois. D'abord, «pour des raisons qui restent à déterminer et qui sont peut-être liées à la réactivation du système magmatique sous Tenerife, la partie sous-marine du flanc nord de l’île commence à se déstabiliser, produisant une première série de glissements et turbidites de composition essentiellement basaltique». C'est à la suite de l'un de ces premiers glissements (~40 km³) que survient le premier tsunami inondant Tenerife.

     

    Alors «que s’amplifie l’activité explosive au sommet du volcan Las Cañadas», la «déstabilisation rétrogressive du flanc se poursuit»: les ignimbrites recouvrent une grande partie de l’île comprenant «les côtes déjà dévastées par le premier tsunami». Pour finir, «l'éruption s’achève par la destruction totale du sommet et du flanc nord de l’édifice Las Cañadas, produisant une avalanche de débris d’un volume estimé à ~15 km³», qui «est à l’origine du second tsunami, dont les vagues vont atteindre des altitudes de plus de 130 m sur la côte nord-ouest de l’île». En fin de compte, «le volcan qui culminait à plus de 3500 m d’altitude est littéralement décapité et éventré par les glissements successifs, laissant une cicatrice béante d’un volume de 170 km³».

     

    Soulignons pour terminer que ce scénario est «inédit pour un volcan bouclier d’île océanique», car si «on connaissait déjà l’existence de ces grands glissements de flancs, ainsi que celle d’éruptions très explosives au centre de Tenerife», la combinaison et les interactions probables entre ces deux phénomènes «représentent un nouveau style d’évènement volcano-tectonique, révélé par l’intermédiaire des dépôts de tsunami».

     

     

    Lien externe complémentaire (source Wikipedia)

    * Volcan bouclier

     

     


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