• Géologie: au cours des derniers 20 000 ans, il a existé dans le massif du Queyras, à 2 240 m d'altitude, un refuge glaciaire d'arbres qui a été sujet à des incendies!____¤201709

     

    Une étude, dont les résultats intitulés «Fire ecology of a tree glacial refugium on a nunatak with a view on Alpine glaciers» ont été publiés dans la revue New Phytologist, a permis d'apporter la preuve que, dans le massif du Queyras (Alpes, France), il a existé, à 2 240 m d'altitude, un refuge glaciaire d'arbres qui a été sujet à des incendies et où les arbres ont survécu en population restreinte sous conditions extrêmes».

     

    Comme «les incendies de végétation se propagent lorsque du combustible est disponible et que le climat est sec», il est «contre-intuitif d’imaginer des incendies de végétation en zones périglaciaires, subpolaires ou montagnardes». Pourtant, l'étude ici présentée révèle, à partir de sédiments lacustres de haute montagne que «des incendies, certes rares, mais bien attestés par des charbons de bois, y compris durant des époques glaciaires et postglaciaires» ont eu lieu. Les données recueillies ont même permis «de reconstruire la fréquence des feux de végétation et la composition des boisements durant les derniers 20 000 ans, incluant le dernier maximum glaciaire».

     

    Si ces incendies «ont pu avoir lieu sur le site du massif du Queyras (Alpes occidentales)» c'est que «des arbres y ont survécu en pleine époque glaciaire, comme en atteste la présence de macrorestes (feuilles, graines): plus précisément, ce site a hébergé un refuge glaciaire de pins cembro et de mélèzes en isolement «telle une île au milieu d’un océan de glace». Ces arbres pourraient d'ailleurs «être à l’origine des lignées génétiques de pins cembro et de mélèzes qui occupent aujourd’hui les vallées internes des Alpes occidentales».

     

    L'étude a, en outre, mis en évidence que «le régime de feu a changé simultanément avec le changement de dominance de couvert d’arbre»: en effet, «au début de l’Holocène (vers 10 700 ans) le climat devient plus chaud et plus humide» de sorte que «le pin cembro qui dominait en période glaciaire (froide, sèche), à faible fréquence de feu, a été remplacé par le mélèze, associé à des incendies plus fréquents».

     

    Au bout du compte, cette étude montre «qu’un climat périglaciaire ne présume pas de l’absence d’incendies». Elle permet «une analyse qui décompose les interactions de long terme entre les feux, la végétation et le climat»: concrètement, «des arbres (ici le pin cembro) sont nécessaires aux incendies en haute montagne, et si le climat régule la fréquence des feux, ces derniers, en retour, contrôlent la diversité des arbres».

     

    Notons pour finir, que, d'une certaine manière, ce travail «fait écho aux récents incendies dans les toundras de l’Arctique, qui sont de plus en plus envahies par les arbres, avec des conséquences importantes sur le cycle du carbone» et soulignons aussi que «les changements de couvert boisé en haute montagne sous l’effet du réchauffement climatique, et surtout de la déprise agricole, risquent d’accentuer la propagation des feux dans les prochaines années».

     

     


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