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    Une étude, dont les résultats ont été publiés dans la revue mBio, révèle que le virus des taches en anneaux du tabac ou TRSV, un virus pathogène, a été retrouvé chez les abeilles. Sa présence chez ces insectes pourrait expliquer, en partie, le déclin mondial des populations d’hyménoptères (Colony collapse disorder, CCD).

     

    C'est «lors d’une campagne de dépistage systématique de virus chez des abeilles» qu'il est apparu «que les abeilles exposées au pollen contaminé par le virus peuvent également être infectées et que l'infection se répand dans leur corps». Le virus TRSV, très changeant, «a pu muter et devenir pathogène pour les abeilles qui se contaminent en butinant des fleurs infectées».

     

    L'analyse «des colonies en plein essor et d’autres en déclin» a permis d'observer «que le virus était plus présent dans les colonies frappées par le CDD», bien que «d’autres virus (déjà connus) ont également été signalés chez ces abeilles».

     

    De plus, il a été constaté que «ce virus peut se transmettre au sein de la ruche d’individus en individus jusqu’à la reine» de sorte que «quand celle-ci est porteuse du TRSV, elle se met alors à pondre des œufs infectés».

     

     


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    Une étude, dont les résultats ont été publiés dans la revue Quaternary Sciences Review, a permis de reconstituer le calendrier des séismes survenus durant plus de 16 500 ans le long de la marge en subduction Nord Hikurangi (Nouvelle Zélande), grâce à l'analyse de sédiments marins profonds.

     

    Les conséquences les plus évidentes des séismes de plus fortes magnitudes (Mw>7), «associés aux zones de subduction et aux limites de plaques transformantes», sont «les glissements de terrain (landslides) sur le continent et glissements, avalanches de débris et courants de turbidité en domaine marin», qui peuvent être à l’origine de tsunamis.

     

    A l'abri de l'effet des vagues de tempêtes et de tsunamis, l’environnement marin profond (au-delà de 200m de profondeur) «conserve les traces de ces évènements pour les périodes anciennes de l’histoire de la Terre». Si «plusieurs études ont récemment utilisé avec succès ces événements sédimentaires catastrophiques en mer comme indicateurs de tremblements de terre, proposant des chroniques sur quelques milliers d’années», aucune «n’a jusqu’à présent reconstitué une séquence de tremblements de terre aussi complète, sur une aussi longue durée, tout en proposant une reconstitution de la magnitude et de la source des séismes à l’origine des évènements gravitaires».

     

    Tout d'abord, «les sédiments ont été décrits en détails puis soumis à des analyses pétrophysiques, pétrologiques, micropaléontologiques et géochimiques systématiques pour différencier les turbidites formées suite à un séisme, des turbidites non-sismique et de la sédimentation hémipélagique.

     

     

    Ensuite, chaque turbidite a été datée par «les analyses radiocarbones et l’identification géochimique de tephras (verre volcaniques)» conduisant à la réalisation de près de 100 datations «fournissant en moyenne un âge absolu par mètre de sédiments».

     

    A partir de ces données, il est apparu «trois types de turbidites de la marge Hikurangi, indiquant trois origines différentes : les glissements de terrain sous-marins, les crues et les éruptions volcaniques». Ainsi, «les âges et les propriétés physiques des turbidites ont permis de corréler 41 turbidites issues de glissements sous-marins synchrones entre ~400 et ~16500 ans, provenant de différents bassins de la marge Nord Hikurangi sur plus de 200 km».

     

    Toutes ces analyses ont permis de conclure que «ces 41 glissements synchrones ont été provoqués par la rupture de trois des 26 failles actives connues dans la zone», chacune de ces failles étant «capable de produire un tremblement de terre de Mw ≥ 7,3» («deux d'entres-elles sont des failles dans la croûte, une est l’interface entre les deux plaques en subduction»).

     

    Si ce type de travaux était répété sur d’autres marges, telle que celle d’Equateur, il offrirait «par le croisement avec d’autres disciplines (sismologie, géodésie…) des retombées fondamentales sur la connaissance du cycle sismique (entre autres sur le "clustering", le "gap sismique") et aiderait à l'évaluation du risque sismique dans ces zones de déformation active.

     

     


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    Des travaux, dont les résultats ont été publiés dans la revue Nature Geoscience, ont permis de réaliser les cartes des gradients de gravité révélant la structure des masses du manteau, grâce aux données acquises par le gradiomètre du satellite GOCE.

    L'objectif principal de la mission GOCE était de déterminer au mieux «les variations de la gravité de la Terre jusque 90 km de résolution» et d'étudier la structure de la lithosphère, cette couche superficielle rigide comprenant la croûte et une partie du manteau supérieur.

    Des cartes globales «d’anomalies de gradients le long des orbites» ont pu être élaborées «à partir des gradients de gravité de la Terre reconstruits par le GOCE High-Level Processing Facility en combinant les mesures du gradiomètre avec un modèle basé sur l’orbite du satellite aux plus grandes échelles spatiales».

    Ces anomalies, qui «représentent l’écart entre la distribution en densité de notre planète et celle d’un modèle simple de Terre sphérique mise en rotation, à l’équilibre hydrostatique», mettent en évidence plusieurs faits marquants et l'altitude satellitaire «permet de sonder des profondeurs allant jusqu'au mi-manteau (1500 km), voire plus profondément pour des anomalies de masse importantes».

    De plus, «la cohérence entre les géométries des anomalies de gradients et celles des anomalies de vitesses sismiques signifie que la combinaison de ces deux types d’observations, aux échelles globale à régionale, est possible, pour apporter de nouvelles informations sur la distribution des masses de notre planète».

    Alors que, «jusqu'à présent l'imagerie de l'intérieur de la Terre était établie à partir de données sismiques, la possibilité de pouvoir disposer d'une nouvelle source d'information indépendante» devrait contribuer à faire progresser nos connaissances sur la structure thermique du manteau terrestre, de sa composition et de sa dynamique.

     


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    Une étude, dont les résultats ont été publiés dans la revue PLoS Pathogens, a permis d'identifier un nouveau mécanisme de régulation qui permet l'adaptation rapide à son hôte de Streptococcus gallolyticus, une bactérie pathogène du système intestinal responsable en particulier d'endocardites et de septicémies chez les personnes âgées.

     

     

    Ce mécanisme, impliquant le pilus de type Pil1, minimise l'exposition de cette bactérie au système immunitaire et aide à sa dissémination dans la circulation sanguine, lui conférant ainsi une bonne capacité de colonisation des tissus.

     

    Les pili, qui se présentent comme «de longues structures filamenteuses exposées à la surface des bactéries» leur donnant des propriétés adhésives, «utiles pour la colonisation et la dissémination», sont «fortement immunogènes, c'est-à-dire qu’ils sont facilement détectés par le système immunitaire».

     

    Il a été montré dans l'étude, ici décrite, que «l’expression du pilus Pil1 est gouvernée par des micro-remaniements génétiques au sein d’un gène situé en amont du gène du pilus Pil1». Comme «ces remaniements, aléatoires, surviennent à des fréquences élevées et permettent de générer des individus exprimant le pilus Pil1 à des niveaux très différents, leurs propriétés adhésives et immunogènes sont variables.

     

    Ce système, qui conduit à réduire la pression exercée sur S. gallolyticus par les défenses immunitaires, constitue une nouvelle stratégie de persistance d’une bactérie au sein d’un hôte. Cette recherche confirme de la sorte «l’intérêt des pili en tant que cible thérapeutique pour lutter contre les infections par les bactéries pathogènes du genre Streptococcus».

     

     


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    Des travaux, dont les résultats ont été publiés dans la revue Science, ont permis de retracer l'histoire de la protéine LEAFY, qui gouverne la formation des fleurs, mais qui était également présente chez des algues avant même que les plantes conquièrent la terre ferme. Le mécanisme d'évolution, qui lui a donné la capacité de diriger la morphogenèse florale, a pu être révélé grâce à la découverte d'une forme intermédiaire ancestrale de la protéine qui a perduré jusqu'à nos jours chez une espèce apparentée aux mousses.

    Les mutations des gènes architectes contribuent à faire évoluer les morphologies des êtres vivants au cours du temps, «voire à créer de nouveaux organismes». Comme «elles peuvent aussi être fatales, si les changements qu’elles induisent sont trop brutaux», l’évolution d’un gène architecte «se fait le plus souvent après sa duplication, un événement de dédoublement du gène où l’une de ses deux copies assure la fonction originale, tandis que l’autre peut évoluer librement».

    Dans l'étude, ici présentée, il a été montré «que le gène architecte LEAFY (codant pour la protéine du même nom) a réussi à évoluer sans duplication», puisque ce gène, qui orchestre, chez les plantes à fleurs «la formation du bouton floral et de ses différents organes (sépales, pétales, étamines et pistil)», était déjà présent, avec des propriétés différentes cependant, «chez les végétaux plusieurs centaines de millions d’années avant l’apparition des fleurs», comme «en témoigne la présence de la protéine LEAFY chez des algues et chez les mousses qui sont des végétaux sans fleurs».

    Il est apparu que «l’acquisition des propriétés requises pour sa fonction florale s’est faite en douceur via une forme intermédiaire, ayant cumulé les caractéristiques anciennes et nouvelles, celles de l’algue et de la plante à fleur», identifiée «car elle existe toujours chez Nothoceros aenigmatica, une espèce apparentée aux mousses».

    Si c’est la première fois qu’un tel mode d’évolution est mis en évidence pour un gène architecte, il est très vraisemblablement «impliqué dans d’autres types de gènes architectes comme ceux responsables du développement des embryons chez les insectes ou les mammifères».

     


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