• Une étude, dont les résultats intitulés "Transit detection of the long-period volatile-rich super-Earth ν2 Lupi d with CHEOPS" sont publiés dans la revue Nature Astronomy, rapporte que, alors qu’il étudiait deux exoplanètes autour d’une étoile proche et brillante, le satellite CHEOPS a repéré de manière inattendue le passage devant l’étoile de la troisième planète connue de ce système planétaire situé à 50 années-lumière, une observation qui a permis de révéler une exoplanète sans équivalent connu.

     

     Relevons tout d'abord que le système planétaire observé par CHEOPS "est situé dans la constellation du Loup (lupus en latin), autour d’une étoile appelée Nu2 Lupi, visible à l’œil nu". En 2019, trois exoplanètes avaient été détectées "autour de cette étoile brillante, semblable au Soleil". Celles-ci "ont des masses comprises entre celles de la Terre et de Neptune (17 fois la Terre) et mettent 12, 28 et 107 jours pour faire le tour de l’étoile"

     

    Ces exoplanètes sont exceptionnelles, car on peut "les voir passer juste devant leur étoile" (on le savait déjà pour les deux planètes intérieures et c’est la raison pour laquelle CHEOPS a été en premier lieu pointé vers ce système; cependant, la troisième planète étant assez éloignée de l’étoile, "personne ne s’attendait à voir son transit").

     

    C’est ainsi "la première fois qu’une exoplanète ayant une période de révolution de plus de 100 jours (ce qui correspond à une distance de l’étoile entre celles de Mercure et de Vénus par rapport au Soleil) peut être repérée autour d’une étoile suffisamment brillante pour être visible à l’œil nu". Comme "en raison de sa période relativement longue, la quantité de rayonnement stellaire atteignant la planète est faible par rapport à la plupart des exoplanètes connues" et comme "moins une planète reçoit de rayonnement, moins elle change au fil du temps", cette planète "pourrait avoir conservé plus d’informations sur son origine".

     

    De plus, alors que "jusqu’à présent, les quelques exoplanètes de ce type découvertes par les astronomes tournent autour d’étoiles peu lumineuses, les rendant difficiles à étudier", avec une étoile hôte "brillante et assez proche de nous", l'exoplanète en question "est plus facile à analyser".

     

    Grâce aux mesures de haute précision de CHEOPS, il est apparu "que la troisième planète, appelée Nu2 Lupi d, a une taille environ 2,5 fois supérieure à celle de la Terre et une masse presque 9 fois supérieure". Ces mesures, combinées "avec des données d’archives d’autres observatoires et des modèles numériques développés par l’UNIBE", ont permis de "déterminer avec précision la densité et la composition de la planète et de ses voisines".

     

    Plus précisément, "la planète la plus interne est principalement rocheuse, tandis que les deux autres semblent enveloppées de gaz d’hydrogène et d’hélium, sous lesquels se cacheraient de grandes quantités d’eau", en fait, bien plus d’eau que la Terre n’en possède, puisque "un quart de la masse de ces deux planètes serait constitué d’eau, contre moins de 0,1% pour la Terre". Cependant, cette eau n’est pas liquide, "mais se présente sous forme de glace à haute pression ou de vapeur à haute température, ce qui rend les planètes inhabitables".

     

    En conséquence, "compte tenu de ses propriétés générales et de son orbite, cette planète va devenir l’enfant-vedette des exoplanètes dotées d’une atmosphère tempérée autour d’une étoile similaire au Soleil".

     

     


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    Une étude,dont les résultats intitulés "Anomalously porous boulders on (162173) Ryugu as primordial materials from its parent body" sont publiés dans la revue Nature Astronomie, rapporte les conclusions des premières analyses des échantillons de l'astéroïde Ryugu, récoltés par la sonde Hayabusa-2 de l'Agence spatiale japonaise (Jaxa) partie en 2014. Ces échantillons avaient été ramenés sur Terre en décembre 2020 par le largage d'une capsule qui en contenait à peine plus de 5 grammes.

     

    Concrètement, la mesure de la "quantité d'atomes d’hydrogène, de carbone et d'azote contenue dans les roches et le sable provenant de Ryugu" a été convertie "en quantité d'eau et de matière organique susceptible d'avoir pu se former": il est ainsi apparu qu'il devrait en avoir de grandes quantités. Il est donc "possible qu'une quantité importante de glace ait existé sur Ryugu. Des analyses plus précises, " dans l'espoir, d'identifier de la matière organique", vont désormais être réalisées.

     

    Ces analyses pourraient produire "divers éléments de preuve qui fourniront des indices sur les origines du Système  solaire et de la vie sur Terre et sur la façon dont les océans ont été créés". D'autant plus "qu'en parallèle, des chercheurs de l’université Rikkyo (Japon) viennent de montrer que Ryugu est à peu près aussi poreux que l'étaient les planétésimaux qui ont mené à la formation des planètes ".

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés "Biosignatures of the Earth I. Airborne spectropolarimetric detection of photosynthetic life" sont publiés dans la revue Astronomy & Astrophysics, a, dans le cadre du projet Mermoz pour Monitoring plaEtary SuRfaces with Modern pOlarimetric characteriZation) dont l'objectif est de déterminer si la vie sur Terre peut être identifiée depuis l'espace, permis de mesurer, depuis un hélicoptère situé à deux kilomètres au-dessus du sol et se déplaçant à quelque 70 km/h, une propriété moléculaire caractéristique de la vie commune à tous les êtres vivants: l'homochiralité.

     

    Relevons tout d'abord que "l'homochiralité a un effet marqué sur la lumière". Ainsi, "lorsque cette dernière est réfléchie sur de la matière biologique, une partie de son onde électromagnétique se déplace en spirale soit dans le sens des aiguilles d'une montre soit dans le sens inverse, une polarité circulaire de la lumière, qui "n'apparait pas lorsque le matériau n'est pas vivant". Cependant,  ce signal, bien qu'extrêmement distinctif, reste très faible et "ne représente pas plus de 1 % de la lumière réfléchie".

     

    Alors qu'il y a encore quatre ans, on ne pouvait "détecter un tel signal qu'à une très courte distance d'environ 20 centimètres" en observant "le même endroit pendant plusieurs minutes", l'étude ici présentée a élaboré un spectropolarimètre baptisé FlyPol: il s'agit d'une "caméra dotée de lentilles spéciales et de récepteurs capables de séparer la polarisation circulaire du reste de la lumière".

     

    Comme en "quelques secondes à peine, il est capable de différencier prairies, forêts et zones urbaines" et "même de détecter les signaux renvoyés par des algues dans un lac", il est envisagé de tester le FlyPol à bord de la Station spatiale internationale (ISS), afin "de déterminer s'il pourrait ou non permettre de rechercher des biosignatures à l'échelle planétaire".

     

     


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  • Une étude, dont les résultats intitulés" Structural insights into an atypical secretory pathway kinase crucial for Toxoplasma gondii invasion" ont été publiés dans la revue Nature Communications, a permis d'identifier la structure et les fonctions de RON13, une enzyme du parasite de la toxoplasmose indispensable au mécanisme infectieux chez l’être humain.

     

    Relevons tout d'abord que Toxoplasma gondii, le parasite responsable de la toxoplasmose, est capable d'infecter quasiment tous les types de cellules" et qu'on estime que près de 30% de la population mondiales est chroniquement infectée, pour la grande majorité de manière asymptomatique" (cependant, une infection au cours de la grossesse peut "entraîner de graves pathologies développementales chez l'enfant à naître").

     

    D'autre part, "chez les organismes eucaryotes, certaines enzymes, appelées kinases, régulent une grande variété de processus biologiques fondamentaux" en modifiant "les protéines en ajoutant ou en enlevant des groupements phosphate qui, comme le ferait un interrupteur, allument ou éteignent les fonctions cellulaires selon les besoins».

     

    RON13 est, elle, une kinase du Toxoplasme, qui joue un "rôle prépondérant dans la capacité invasive du parasite". Pour "comprendre les processus biologiques contrôlés par cette enzyme, tant au niveau cellulaire que moléculaire", l'étude ici présentée a "combiné plusieurs technologies de pointe": ainsi, "la cryo-microscopie électronique a permis d’identifier une structure modulaire supplémentaire absente chez toutes les autres kinases précédemment étudiées, mais essentielle à l’activité de RON13", tandis que  "la microscopie à expansion a démontré des changements morphologiques chez le parasite grâce à des images de haute résolution" et que "la protéomique a permis d’identifier les cibles de cette kinase qui sont relâchées dans la cellule hôte pour favoriser son invasion", la génétique ayant, pour sa part, analysé "l’impact de l’absence de cette kinase sur la croissance du parasite".

     

    En fait, "RON13 est une kinase localisée dans un compartiment unique du parasite, une organelle contenant des protéines destinées à être injectées dans l’hôte". Sans cette kinase "l’infection des cellules de l’hôte s’avère impossible". Ces résultats ont été confirmés en infectant "des souris avec une souche du parasite dépourvu de RON13 : ce dernier est devenu totalement inoffensif, à tel point que les souris n’ont pas montré de réponse immunitaire spécifique".

     

    De plus, ces caractéristiques si particulières rendent RON13 insensible à un inhibiteur efficace sur la majorité des kinases" de sorte "que l’on peut la cibler très précisément sans affecter les kinases humaines, limitant les effets secondaires du traitement".

     

    Au bout du compte, "si ces travaux se sont concentrés sur le parasite de la toxoplasmose", comme "d’autres pathogènes de la famille des Apicomplexes utilisent les mêmes procédés d’invasion", il est "envisageable qu’une kinase similaire à RON13 joue un rôle essentiel dans l’infection par d’autres parasites, notamment par Plasmodium falciparum, l’agent responsable du paludisme".

     

     


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    Une étude, dont les résultats intitulés "Dark Energy Survey Year 3 results: curved-sky weak lensing mass map reconstruction" sont publiés dans la revue MNRAS, a permis de constituer la plus grande carte de matière noire jamais réalisée.

     

    Relevons tout d'abord que "la majeure partie de la matière qui constitue notre Univers est appelée 'matière noire'" et que, si son existence fait consensus parmi les physiciens, "elle demeure, plus de 80 ans après sa découverte, toujours aussi mystérieuse": cette matière, "invisible pour nos yeux", "est trahie par le phénomène de cisaillement gravitationnel, qui dévie la trajectoire de la lumière à ses alentours". C'est la mesure de ce phénomène qui permet, depuis 1993, aux chercheurs "de détecter la présence de matière noire, à partir d’image de galaxies".

     

    Dans ce contexte, alors que "les observations réalisées jusque-là ne couvraient qu’une petite surface du ciel", l'étude ici présentée a "constitué la plus grande carte de la matière noire jamais réalisée". Les scientifiques ont travaillé à partir d’images du visible et de l’infrarouge proche laissant voir plus de cent millions de galaxies, obtenues du Chili avec la caméra de la collaboration internationale Dark Energy Survey (DES). Ils ont par ailleurs développé de nouvelles méthodes statistiques nourries par les avancées de l'intelligence artificielle.

     

    Cette nouvelle carte de la matière noire, qui "est la plus grande jamais réalisée à partir des mesures de cisaillement gravitationnel",va permettre "d'imposer des contraintes importantes aux théories sur l'origine de l'Univers. Le projet Euclid, porté par l'Agence Spatiale Européenne, en mesurant plus d'un milliard de galaxies, permettra d’élargir encore cette carte de l’invisible".

     

     


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